Histoire du musée

Du château au musée

Napoléon III ou la passion de l'archéologie

Le château de Saint-Germain-en-Laye, résidence royale pendant plusieurs siècles, lieu de naissance de plusieurs souverains, a été restauré par Eugène Millet à partir de 1862. Depuis cette date, à l’initiative de Napoléon III, il abrite le musée des Antiquités nationales, devenu musée d'Archéologie nationale en 2005.

 

Visionnez le film de présentation de l'établissement

 

Un musée dans un château

Les XVIIIe et XIXe siècles sont ceux du déclin pour l'ancienne résidence royale de Saint-Germain-en-Laye.

Portrait en pieds de Napoléon III





 

C'est Napoléon III qui rendra ses lettres de noblesse au dernier château encore debout en y installant un musée d'archéologie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Musée des Antiquités celtiques et gallo-romaines

Sous le Second Empire, le Château-Vieux se trouve dans un état de délabrement avancé. Il doit son salut à Napoléon III. Passionné d'archéologie, l'empereur décide, en 1862, d’y installer le « Musée des Antiquités celtiques et gallo-romaines », qui présentera notamment le produit des fouilles effectuées à Alésia à son initiative.

Restauration du château de Saint-Germain-en-Laye ; porche d'entrée


Classé monument historique peu après, le château doit être restauré et restructuré pour pouvoir accueillir les collections d'archéologie.

On choisit de restituer l'édifice royal dans son état Renaissance, sous François Ier, ce qui implique entre autres de détruire les pavillons ajoutés au XVIIe siècle par Hardouin-Mansart. Les travaux, très importants, sont confiés à Eugène Millet, élève de Viollet-le-Duc. Ils se poursuivront jusqu'en 1907 mais, dès 1867, Napoléon III peut inaugurer les premières salles d'exposition.

Aujourd’hui, certaines des collections du musée d'Archéologie nationale comptent parmi les plus riches au monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La création du musée des Antiquités nationales

Le 1er avril 1865, la première réunion (sur les huit) de la Commission d’organisation du musée se réunit sous la présidence du Comte de Nieuwerkerke, surintendant des Beaux-Arts (en quelque sorte notre Ministre de la Culture). Cette Commission regroupe de grands noms de l’archéologie comme Alexandre Bertrand, Édouard Lartet, Félix de Saulcy, et Jacques Boucher de Perthes ; Le projet définitif sera l’œuvre de Auguste Verchère de Reffye, Alexandre Bertrand et Claude Rossignol. Le premier directeur du musée est Alexandre Bertrand. Il va adopter le classement chronologique des objets alors que jusque-là a prévalu le classement par matière.

Le premier règlement du musée, en 1866, précise que « le musée de Saint-Germain a pour but de centraliser tous les documents relatifs à l’histoire des races qui ont occupé le territoire de la Gaule depuis les temps les plus reculés jusqu’au règne de Charlemagne ; de classer ces documents d’après un ordre méthodique ; d’en rendre l’étude facile et à la portée du public ; de le publier et d’en propager l’enseignement ».

Le Musée des Antiquités nationales est donc le premier (et toujours aujourd’hui, le seul) musée consacré entièrement à l’archéologie du territoire national. C’est ce qui le distingue également des départements archéologiques du Louvre qui se développent à la même époque.

Les sept premières salles sont inaugurées par l’Empereur le 12 mai 1867, sous une pluie battante. Cette date avait été choisie en relation avec l’Exposition universelle. Quarante-quatre salles sont ouvertes au public en 1907.
 

Un musée lié à l'histoire de l'archéologie

L’histoire du musée des Antiquités nationales est inséparable de celle du développement de l’archéologie française et européenne. Parmi les toutes premières collections à être entrées figurent celles de Jacques Boucher de Perthes aux environs d’Abbeville (Somme) qui révélèrent, à la fin du XXe siècle, l’existence d’une humanité préhistorique antérieure de très loin aux Gaulois.

L’essor de la préhistoire française devait connaître par la suite une extraordinaire expansion, grâce au travail de Gabriel de Mortillet, inventeur de la chronologie préhistorique actuelle, qui fit entrer de très nombreuses séries archéologiques de référence au Musée. On doit également à Edouard Piette la plupart des pièces d’art paléolithique conservées au Musée, dans la disposition qui a été voulue au début du XXe siècle.

L’archéologie gauloise est littéralement née avec les recherches de Félix de Saulcy, Alexandre Bertrand et Jacques-Gabriel Bulliot sur les lieux de la Guerre des Gaules, en particulier à Alésia et à Bibracte. Dans l’entre deux guerres, c’est Henri Hubert qui devait concevoir une refonte complète des collections du musée, en leur adjoignant une section complète d’archéologie comparée, faisant notamment appel aux découvertes de l’Extrême Orient.

Les grands archéologues du XXe siècle ont contribué à l’enrichissement et à l’étude des collections, comme en particulier l’Abbé Breuil, Louis Capitan, Henri et Jacques de Morgan, l’Abbé Cochet, Joseph Déchelette, et bien d’autres encore.


Le musée aujourd'hui

Des collections nouvelles continuent d’entrer à Saint-Germain. Elles proviennent des recherches actuelles menées en France ou à l’étranger (comme l’extraordinaire série d’objets de Nouvelle-Guinée, collectée par Pierre Pétrequin) ou encore d’importantes fouilles de sauvetage, comme l’exceptionnel mobilier des tombes à char gauloises de l’aéroport de Roissy découvert en 1995.

Si le don constitue l’un des modes d’enrichissement des collections, le Musée achète aussi des objets auprès de galeries spécialisées, de particuliers ou lors de ventes publiques. C’est ainsi que dernièrement, le musée a fait deux acquisitions exceptionnelles : une coupe en verre du IVe siècle gravée représentant le sacrifice d’Isaac par Abraham et un trésor en or de l’Âge du Bronze comportant 2 torques et 4 bracelets.
 

Visionnez la vidéo de l'histoire du musée

 

Découvrez les collections du musée d'Archéologie nationale

 


Légendes des illustrations

  1. Portrait de Napoléon III. Passionné par cette science, Napoléon III a joué un rôle important dans le développement de l'archéologie, qui n'en était encore qu'à ses débuts au milieu du XIXe siècle.

  2.  Restauration du château de Saint-Germain-en-Laye ; porche d'entrée. Ce cliché montre les importants travaux de restauration engagés lors de la transformation du château en musée d'archéologie.

 

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