Histoire du château
Une résidence royale
Le château de Saint-Germain-en-Laye qui abrite aujourd’hui le musée d’Archéologie nationale est un lieu chargé d’histoire. Il a été jusqu’au règne de Louis XIV l’une des demeures favorites des rois de France en raison de sa forêt pour la chasse et de l’air de Saint-Germain réputé excellent.
C’est le roi Louis VI le Gros (1108-1137) qui le premier aurait fait construire une résidence royale vers 1120 sur « Le plateau de laye ». Pendant tout le Moyen Âge, la résidence ne va pas cesser d’évoluer et de s’agrandir.
Le « donjon », grosse tour carrée située dans l’angle nord-ouest, aurait été fondé par Philippe-Auguste (1180-1223) ; la tour est ensuite réaménagée par le roi Charles V (1364-1380) qui aurait installé l’une de ses célèbres bibliothèques.
On doit à Louis IX (1226-1270), appelé saint Louis, la très belle chapelle de style gothique rayonnant, édifiée entre 1230 et 1238 à l’écart du logis.
La guerre de Cent Ans qui oppose Français et Anglais marque violemment l’histoire du château. En 1346, les troupes du Prince Noir, fils du roi d’Angleterre, incendient le village et le château, tout en épargnant la chapelle. Les réparations sont engagées dès 1348 par le roi Philippe VI (1328-1350), mais c’est à Charles V que revient la majeure partie des travaux de protection de la résidence royale : il fait creuser un fossé tout autour du château et fait élever un rempart fortifié avec un chemin de ronde sur mâchicoulis, des tourelles et des guérites. François Ier (1515-1547), qui a épousé Claude de France dans la chapelle palatiale, fait raser le château médiéval à partir de 1539, mais sans toucher aux remparts de Charles V, à partir desquels il fait adosser les nouveaux corps de logis du château Renaissance.
François Ier conserve le donjon, intègre dans cette succession de bâtiments la chapelle royale et laisse au centre une grande cour. Son fils Henri II (1547-1559) charge Philibert Delorme des derniers aménagements et fait agencer les appartements des enfants royaux au deuxième étage. Le château compterait alors près de 80 logements pour loger la famille royale et les personnages les plus importants de la Cour, une salle de bal et plusieurs chapelles. Un jeu de paume est installé dans les douves et une ménagerie pour des bêtes sauvages non loin du château. L’une des réalisations les plus notables est celle d’une maison de plaisance, bientôt appelée « Château-Neuf », en opposition au « Château-Vieux ». Elle se dresse au bord du plateau et domine la Seine. Henri IV (1589-1610), également très attaché à Saint-Germain, transforme et achève cette seconde résidence royale, ajoute un jardin en terrasse et des grottes artificielles ornées de rocaille dont certaines accueillent des automates et des jeux d’eau. Il ne reste aujourd’hui de ce lieu splendide où naquit Louis XIV (1643-1715) et où mourut Louis XIII (1610-1643) que la chapelle du roi où fut ondoyé le futur Louis XIV (Pavillon Henri IV), le pavillon du Jardinier (Pavillon Sully) et la rampe des grottes.
Louis XIV qui fait de longs séjours au Château-Vieux souhaite un nouvel agrandissement de la résidence royale. Il en confie, vers 1680, les travaux à Jules Hardouin Mansart, qui ajoute cinq pavillons d’angle dont l’effet alourdit l’architecture. Le roi charge André Le Nôtre de dessiner les jardins et de concevoir la Grande Terrasse.
Le 20 avril 1682, la Cour quitte les châteaux de Saint-Germain pour celui de Versailles, et ne revient à Saint-Germain que pour le plaisir de la chasse. Contraint à l’exil, le roi Jacques II Stuart est accueilli, avec sa famille et sa cour, au Château-Vieux par son cousin Louis XIV. Les Jacobites et leurs descendant logent au château jusqu’à la Révolution française.
Sous la Révolution, le château sert de prison, puis devient au gré des événements une école de cavalerie sous Napoléon Ier (1809-1814), une caserne et enfin un pénitencier militaire sous Louis-Philippe et Napoléon III, entre 1836 et 1855.
Napoléon III (1852-1870), par décret impérial du 8 mars 1862, crée le Musée gallo-romain, devenu aujourd’hui musée d’Archéologie nationale. Le château est en très mauvais état. Les décors créés par les rois qui se sont succédés dans ce lieu ont disparu en raison des occupations successives.
Classé au titre des monuments historiques le 8 avril 1863, il fait l’objet d’une importante restauration engagée dès 1862 sous la direction d’Eugène Millet, élève d’Eugène Viollet-le-Duc. L’architecte qui redonne au bâtiment son aspect Renaissance, est également chargé de la muséographie des salles d’exposition dont les sept premières salles du musée sont inaugurées par l’Empereur le 12 mai 1867. Ce chantier titanesque ne s’achève qu’en 1910 sous l’autorité de l’architecte Honoré Daumet.
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