Bandeau ODM janv 2017

L’ours rouge

Images d’ours sur la céramique sigillée en Gaule romaine
objet du mois de janvier 2017

Les chasses (venationes), données le matin, font partie du programme des jeux de l’amphithéâtre, à Rome, depuis le IIe siècle avant J.-C.

Parfois offertes par les empereurs pour des occasions spéciales, elles rassemblent alors des centaines et des milliers d’animaux, des espèces les plus rares (tigres, éléphants, chameaux, autruches…) et variées, acheminées de toutes les régions de l’Empire, afin d’être mises à mort dans des spectacles fastueux et sanglants. Les ours viennent d’Asie mineure, d’Arménie, de Grèce, d’Espagne, d’Italie, d’Écosse et même d’Afrique du nord pour succomber en masse à Rome. Sous Caligula (37-41), 500 sont tués dans un seul spectacle, 300 sous Claude (41-54), 400 sous Néron (54-68)... Les chasses démontrent la puissance de Rome, son étendue, renforcent la notoriété de l’empereur ou de l’autorité qui les offre au peuple.

Les spectacles donnés en Gaule par des édiles ou de riches particuliers, dans la cinquantaine d’amphithéâtres érigés à partir de la fin du Ier siècle et au IIe siècle, surtout dans les chefs-lieux de cité, n’atteignent sûrement pas le faste des jeux romains et exhibent plutôt des espèces endémiques : l’ours, le sanglier et le cerf. Plusieurs ursarii, chargés de capturer les ours dans la nature ou de les chasser dans l’amphithéâtre, sont connus par des inscriptions à Langres et à Aix-en-Provence. Les ursarii peuvent être des soldats, comme le centurion Q. Tarquitius Restitutus qui se vante à Cologne d’avoir capturé 50 ours en six mois, sans doute dans la région.

Comme dans l’arène, les décors des vases sigillés montrent des herbivores opposés à des carnivores, des carnivores s’entredéchirant, ou des hommes, bestiaires et gladiateurs, combattant ces animaux.

 

Les vases montrent aussi l’autre usage qui était fait des animaux féroces dans l’arène, celui de bourreau.

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Certains condamnés, prisonniers de guerre, esclaves révoltés, parricides, ou encore chrétiens, lorsqu’ils étaient considérés comme des ennemis de Rome, étaient jetés aux fauves, condamnés « ad bestias ». Ours, lions, panthères et sangliers les déchiraient publiquement dans l’arène. D’après certains textes, ces exécutions revêtaient parfois la forme d’épisodes mythologiques ou historiques, dans lesquels le condamné incarnait le héros ou le personnage destiné à la mort. Il est possible que le vase en céramique sigillée fabriqué à la Graufesenque au début du IIe siècle par L. Cosius représentant des Parthes livrés aux fauves et la mort du roi dace Décébale, vaincu en 106 par l’empereur Hadrien, soit l’évocation d’un spectacle de ce type, donné à Rome.

Les vases en céramique sigillée ne montrent pas les ours acteurs de scènes plus ludiques de l’amphithéâtre, les intermèdes où les plantigrades dressés amusent le public, comme c’est sans doute le cas sur un rare élément gravé de Narbonne.

 

Les représentations sur les vases en céramique sigillée

 

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