Bibliothèque
La bibliothèque du musée d'Archéologie nationale est riche de plus de 53000 ouvrages. Certains sont rares, annotés par leurs auteurs et représentatifs d'une archéologie en évolution.
Les objets
Ouvrages
Antiquités celtiques et antédiluviennes
Jacques Boucher de Perthes, Antiquités celtiques et antédiluviennes : mémoire sur l’industrie primitive et les arts à leur origine. Paris : Treuttel et Wurtz, 1847, 1857, 1864 (3 volumes) Jacques Boucher de Perthes
Les ouvrages présentés ici sont issus des collections de la bibliothèque du musée d’Archéologie nationale-Domaine national de Saint-Germain-en-Laye. Ils sont portés à l’inventaire de la bibliothèque en 1865, reliés en 1866 et portent le numéro d’inventaire n°3, ce qui en fait les premiers documents constitutifs de la bibliothèque du musée. Ils parviennent d’un don de leur auteur, Jacques Boucher de Perthes (1788-1868), comme en témoignent les dédicaces rédigées de sa main sur chacun. Ces trois volumes, publiés entre 1847 et 1864, présentent la particularité de contenir des pièces d’archives et des documents liés à leur publication ou à leur auteur : coupures de presses collées sur la reliure, prospectus de présentation et publicitaire, correspondance privée entre Boucher de Perthes et Philibert Beaune, dédicaces de l’auteur… Ces ouvrages sont un témoignage important pour l’histoire de l’archéologie en tant que discipline, mais aussi de l’histoire des idées et des sciences. En effet, Jacques Boucher de Perthes est considéré de nos jours comme l’un des « pères de la préhistoire », les Antiquités celtiques et antédiluviennes en étant l’un des ouvrages fondateurs. Directeur des douanes à Abbeville, il se voulait néanmoins homme de lettres et fut auteur de nombreuses œuvres littéraires, ainsi que Président de la Société d’émulation d’Abbeville. Il n’était donc ni archéologue ni géologue mais s’intéressait particulièrement aux origines de l’homme et à son évolution. Dans ce sens, il écrivit et publia un essai métaphysique, De la création, essai sur l’origine et la progression des êtres en 1838 dans lequel il avait émis l’hypothèse qu’un jour, on trouverait des traces « d’hommes antédiluviens ». Il entreprit à ses frais des fouilles dans les couches d’alluvions de la Somme et de la Seine pour apporter des preuves à sa théorie et présenta en 1838 à l’Académie des sciences les premiers éléments lithiques extraits des sablières de la Somme dont la position stratigraphique lui permettait d’affirmer que « l’homme antédiluvien » avait bien existé au temps des grands mammifères. Mais il se heurta pendant de longues années au scepticisme et à l’opposition acharnée d’une certaine élite intellectuelle, convaincue que l’ancienneté de l’homme ne pouvait être antérieure à l’époque celtique et gauloise. En 1842, la découverte d’une mâchoire de mammouth associée dans la même couche stratigraphique à un outil de silex lui permit de démontrer la contemporanéité de l’homme et des espèces disparues. Cette hypothèse sera définitivement validée en 1859 avec la visite à Abbeville des savants anglais J. Prestwich, J. Evans, J.W. Flower, R. Godwin-Austen, R.W. Hylne et C. Lyell qui attestèrent l’authenticité de ses découvertes. Dans ces ouvrages, Boucher de Perthes présente ses recherches et démontre sa théorie afin de convaincre les plus sceptiques. Les Antiquités celtiques et antédiluviennes sont publiées en trois volumes, chacun apportant de nouveaux éléments de réponse et permettant à l’auteur d’affirmer sa position en présentant ses dernières découvertes mais surtout en énumérant les nouveaux érudits et savants ralliés à sa cause à travers le monde. Les collections de la bibliothèque d'étude et de recherche du musée d'Archéologie nationale comprennent plus de 45 000 documents, accessibles sur rendez-vous, dont beaucoup illustrent la naissance de la science archéologique et sont aujourd'hui les fondements d'une historiographie en construction. La bibliothèque d'étude et de recherche du musée d'Archéologie nationale est membre du réseau FRANTIQ. Grégoire Meylan
Ouvrages
Philippe Joseph. Cinq années de fouilles au Fort-Harrouard : 1921-1925. Rouen : Lecerf, 1927.
L’ouvrage présenté est issu des collections de la bibliothèque du musée d’Archéologie nationale et Domaine national de Saint-Germain-en-Laye.Cinq années de fouilles au Fort-Harrouard : 1921-1925 est inscrit sur le registre d’entrées le 29 octobre 1927, peu de temps après sa parution. L’exemplaire de la bibliothèque est dédicacé par l’auteur, l’abbé Philippe, en hommage à Salomon Reinach, alors directeur du musée depuis 25 ans.Joseph Philippe naît en 1871, dans l’Eure. Il passe par le Petit Séminaire, puis est inscrit au Grand Séminaire d’Évreux avant d’être nommé vicaire à Rugles. Grâce à ses lectures et ses rencontres, il commence à s’intéresser à l’archéologie, l’amenant à conduire des fouilles au Fort-Harrouard ainsi qu’à appartenir à la Société normande d’études préhistoriques. Dans son livre, l’abbé Philippe s’attache tout d’abord à décrire le site fouillé, Fort-Harrouard. Il s’agit d’un fort défensif, de sept hectares, se trouvant en Eure-et-Loir. En 1905, lorsque l’abbé Philippe commence ses fouilles, le fort est déjà exploré depuis 1897 par un érudit, P. Chédeville, qui convainc alors l’abbé Philippe de se joindre à lui. Seulement interrompu quelques années durant les périodes de guerre, Joseph Philippe mène des fouilles au Fort-Harrouard jusqu’à sa mort en 1950 et publie plusieurs articles sur ce site archéologique.Ses recherches ont été en partie subventionnées par Louis Deglatigny (archéologue et collectionneur normand), le Comité des travaux historiques et scientifiques ainsi que par l’Association française pour l’avancement des sciences entraînant en contrepartie le don du mobilier trouvé au musée d’Archéologie nationale qui conserve aujourd’hui encore la majeure partie de ses trouvailles. Par ailleurs, le musée détient également les archives de l’abbé Philippe, conformément aux dernières volontés de celui-ci. Ces archives comportent à la fois des documents sur Fort-Harrouard (inventaires, tirages photographiques, dessins…) mais également ses correspondances et documents personnels. Ces fonds sont consultables en ligne à partir de ce lien : Fonds Abbé Philippe.Dans son ouvrage, paru originellement dans un numéro hors-série du Bulletin de la Société normande d’études préhistoriques (PHILIPPE J. « Cinq années de fouilles au Fort-Harrouard. 1921-1925 ». Bulletin de la Société normande d’études préhistoriques, 1927, t. XXV bis (bulletin hors-série), 175p), l’abbé Philippe passe en revue les objets découverts, qu’il classe par époque. Le site a été occupé successivement par deux populations distinctes. Les premières traces de vie datent du Néolithique, avec des témoignages de sépulture et de matériel lithique. Ensuite, le site est abandonné durant presque 500 ans pour enfin être habité par un peuple gaulois. L’abbé Philippe ne produit pas un inventaire des objets, mais bien un panorama du mode de vie des habitants du site : il décrit scrupuleusement ses trouvailles puis formule des hypothèses sur la présence des objets et ce que cela nous apprend sur le quotidien des occupants. De plus, l’ouvrage est agrémenté d’une trentaine de planches exposant les découvertes : poteries, armes, squelettes, ou encore objets de parure, comme des aiguilles ou des bracelets. Ces artefacts sont faits d’os, de corne, de terre cuite ou de bronze. Enfin, plusieurs plans accompagnent le livre, qui permettent de situer les foyers et cabanes gauloises découverts. Cinq années de fouilles au Fort-Harrouard a aussi le mérite d’exposer la méthode archéologique adoptée par l’abbé Philippe pour ses fouilles. En effet, il tient à conserver une démarche très scientifique, ne creusant que par tranchées de 2 m 50 de largeur. Il affirme que cette méthode permet de gagner en précision ce qu’elle fait perdre en temps. Grâce aux indications précises du lieu où les objets sont trouvés et à leurs dessins, l’ouvrage offre une vision très claire des fouilles durant cinq années particulièrement riches en découvertes.Pour en apprendre plus sur l’abbé Philippe, une page lui est consacrée : Joseph Philippe, dit abbé Philippe.Les collections de la bibliothèque d'étude et de recherche du musée d'Archéologie nationale comprennent plus de 45 000 documents, accessibles sur rendez-vous, dont beaucoup illustrent la naissance de la science archéologique et sont aujourd'hui les fondements d'une historiographie en construction. La bibliothèque d'étude et de recherche du musée d'Archéologie nationale est membre du réseau FRANTIQ. Océane Gressot - Adèle Sureau
Ouvrages
Voyage en Islande et au Groënland
Voyage en Islande et au Groënland : executé pendant les années 1835 et 1836 sur la corvette la Recherche, commandée par M. Tréhouart (lieutenant de vaisseau) dans le but de découvrir les traces de la Lilloise, publié par l'ordre du roi. Paul Gaimard, Voyage en Islande et au Groënland - Journal du voyage par M. Eugène Mequet, 1852, Paris Bertrand, dos. In-folio ; Paul Gaimard, Voyage en Islande et au Groënland – Physique par Lottin, 1838, Paris Bertrand, dos. In-folio ; Paul Gaimard, Voyage en Islande et au Groënland – Physique par Lottin, 1838, Paris Bertrand, dos. In-folio ; Paul Gaimard, Voyage en Islande et au Groënland – Géologie et minéralogie par Robert, 1838, Paris Bertrand, dos. In-folio ; Paul Gaimard, Voyage en Islande et au Groënland - Minéralogie, géologie, zoologie, médecine par E. Robert, 1840, Paris, Bertrand, dos. In-folio ; Paul Gaimard, Voyage en Islande et au Groënland – Histoire du voyage par E. Robert 1,2, 1838, Paris Bertrand, dos. In-folio. Musée d’Archéologie nationale, service des Ressources documentaires, bibliothèque, inv. BIB 41. Voyage en Islande et au Groënland est inscrit à l’inventaire en 1867, à la suite d’un don de Napoléon III, ce qui fait de lui l’un des premiers ouvrages du fonds de la bibliothèque. L’inventaire précise également que les tomes sont reliés en cinq volumes le 30 mai 1868, au sein même du musée. La reliure porte ainsi la mention « Bibl. du musée de St. Germain ». Ces cinq volumes forment un ouvrage complet, publié sur plusieurs années (de 1838 à 1843) selon six divisions qui portent chacune sur un thème précis de ce voyage : Histoire du voyage, Minéralogie et géologie, Zoologie et médecine, Littérature islandaise, Physique et enfin Histoire de l’Islande. Il existe, en plus, trois atlas associés aux trois premières divisions. Cette publication retrace le voyage du navire La Découverte et de son équipage, mené par Joseph-Paul Gaimard entre 1835 et 1836. Gaimard, médecin de bord et naturaliste français, est un habitué des expéditions lorsqu’il se lance dans celle qui le conduira en Islande et au Groenland : il a déjà effectué un tour du monde à bord de l’Uranie, en 1817 et a participé à plusieurs autres voyages scientifiques. C’est en tant que président de la Commission scientifique d'Islande et du Groenland que Gaimard participe à cette nouvelle expédition, à bord de La Découverte. Le but premier de ce voyage dans l’Atlantique nord est de partir à la recherche d’un autre navire, La Lilloise, disparu quelques mois plus tôt, au nord du Groenland. Il s’agissait d’une expédition scientifique menée par Jules de Blosseville en 1833. Le navire n’a jamais été retrouvé malheureusement. Mais ce voyage de recherche a néanmoins permis d’effectuer des études inédites sur ces terres nordiques. Gaimard profite de cette occasion pour observer la vie locale, à travers divers domaines comme la médecine, la biologie, la botanique, l’histoire, la littérature... C’est ainsi que, au vu de ces découvertes, Gaimard retournera quatre étés de suite explorer ces régions. Ces recherches ont naturellement conduit à l’écriture de Voyage en Islande et au Groenland. Il est alors accompagné de spécialistes, venant de domaines éclectiques. Ils se joignent à Gaimard dans cette expédition et participent naturellement à l’écriture de l’ouvrage. On compte parmi eux l’homme de lettres Xavier Marmier, le géographe Victor Lottin, ou encore le géologue Eugène Robert. La présence de ces spécialistes garantit un ouvrage scientifique approfondi, couvrant de larges domaines, afin d’aider les lecteurs à saisir la vie et l’histoire des habitants d’Islande et du Groenland. Dans ce but, les atlas sont une aide précieuse. Ceux-ci, au nombre de trois, portent sur des domaines très différents, de la zoologie à la minéralogie. Les planches composant ces atlas sont souvent immenses et offrent une multitude de détails. Elles présentent des scènes de chasse, de promenade, des paysages glacés, des volcans mais montrent aussi des animaux locaux, du renne au poisson. De plus, un nombre non négligeable de planches portant sur la zoologie bénéficie de couleurs, rendant ces illustrations plus singulières encore. Voyage en Islande et au Groenland est un ouvrage colossal, rare et précieux, qui nous offre un aperçu de l’histoire et de la vie de ses contrées, mais qui nous renseigne aussi sur l’histoire des expéditions scientifiques et des voyages de cette époque. Les collections de la bibliothèque d'étude et de recherche du musée d'Archéologie nationale comprennent plus de 53 000 documents, accessibles sur rendez-vous, dont beaucoup illustrent la naissance de la science archéologique et sont aujourd'hui les fondements d'une historiographie en construction. La bibliothèque d'étude et de recherche du musée d'Archéologie nationale est membre du réseau Frantiq. Océane Gressot