L'épée restaurée d'Arcy Sainte Restitue

Un des chefs-d’œuvre de la collection du Premier Moyen Âge
Cet objet est présenté dans le cadre de l'objet du mois d'octobre 2018

Frédéric Moreau : savant, collectionneur et donateur

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Frédéric Moreau (1798-1898), homme d’affaires en retraite, entame dès 1873 des fouilles dans l’Aisne, autour de sa propriété de Fère-en-Tardenois. Il fouille avec acharnement, supervisant, à plus de 80 ans, la découverte d’environ 1000 tombes par saison. Malheureusement, malgré un nombre important de procès-verbaux de fouilles, il accorde assez peu de place à la contextualisation des vestiges, préférant porter son attention sur un certain nombre de découvertes se signalant par leur richesse ou leur rareté. Les pièces jugées les plus intéressantes sont ainsi reproduites par Jules Pilloy (1830-1922), afin de faire paraître, entre 1877 et 1893, le célèbre Album Caranda. De ces recherches extensives, il tire une collection importante, présentée lors de l’Exposition Universelle de 1889, à Paris, et qui suscite immédiatement l’intérêt du milieu savant. À son décès, Frédéric
Moreau décide de la léguer à l'État ; elle est alors destinée à devenir le cœur de la collection d’époque mérovingienne du MAN. Elle est installée au 2e étage du château, dans 52 vitrines qui présentent le mobilier découvert par site, par tombe, et sont restées depuis pratiquement en l’état, bien que la salle soit désormais fermée au public.

 

L’épée d’Arcy-Sainte-Restitue : l’un des fleurons de la collection Frédéric Moreau

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Au cours de ces campagnes, Frédéric Moreau dirige notamment les recherches sur le site d’Arcy-Sainte-Restitue, où environ 3150 tombes, datant en majorité du début du Moyen Âge, sont mises au jour entre 1877 et 1878. Parmi les découvertes majeures de ce site, le tombe n° 1726 se signale particulièrement ; d’environ 1m30 de profondeur, orientée est-ouest, elle contient le corps d’un défunt de grande taille, accompagné d’un mobilier funéraire remarquable : couteau, boucle en argent, grattoir, éperons, mais surtout, le long de sa jambe, une épée accompagnée des restes de son fourreau et d’une perle, ayant probablement servi de pendentif de dragonne.

Cette épée est remarquable par sa poignée en tôle d’or, dont les exemples sont rares en Europe. Ces armes d’apparat signalent probablement de hauts personnages, dont il est encore difficile de définir le rôle exact, mais que l’on interprète généralement comme une élite sociale restreinte, à laquelle les rois mérovingiens auraient confié des territoires, s’assurant ainsi leur mainmise sur des zones nouvellement conquises. Le décor de quadrillage de la poignée en or est exceptionnel sur ce type d’épée, même s’il apparaît sur d’autres armes au Ve -VIe siècle ; l’analyse du reste du mobilier permet de dater cette tombe autour de 450-500, sans plus de précision possible.

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