Aller au contenu principal
slide précédente

1 / 2

slide suivante
Media Name: GR_MAN77507_R_Mercure.jpg
© GPRMN/MAN/.Jean-Gilles Berizzi

Mercure, l’un des dieux le plus représenté en Gaule, est reconnaissable ici par sa jeunesse et les objets qui lui sont traditionnellement associés : le chapeau à pétase, le caducée et la bourse du voyageur.

UNE DÉCOUVERTE FLUVIALE

Cette statuette fait partie des nombreuses découvertes réalisées à l’occasion des dragages de la Saône, en l’occurrence en amont de Lyon, à la pointe de l’île Barbe. Son excellent état de conservation interroge : s’agit-il d’un objet tombé d’un bateau ou d’une offrande ?

UN MERCURE AUX ALLURES TRÈS CLASSIQUES

Cette sculpture, fabriquée selon la technique de la cire perdue, est en trois parties (personnage, caducée, socle). Mercure, dieu romain assimilé à l’Hermès grec, est représenté ici nu et légèrement déhanché. Il porte sur l’épaule gauche le manteau des voyageurs, la chlamyde. Ce vêtement, en usage chez les Grecs puis chez les Romains, est normalement retenu au cou par une agrafe. La qualité du drapé, en particulier sur la face arrière, démontre la bonne connaissance de l’art gréco-romain que possédait son auteur. Le dieu est coiffé d’un chapeau rond à larges bords pour s’abriter de la pluie et du soleil, le pétase. Celui-ci est doté d’ailes en référence à Hermès, mais l’une d’elles est manquante sur cette statuette. Des ailes sont également présentes sur ses bottes. La bourse, attribut classique du dieu Mercure, est tenue le bras légèrement plié, comme pour mettre en valeur cet objet symbole du commerce et de la prospérité. Le caducée, porté à gauche comme dans la majorité des cas, se distingue par son excellent état de conservation plutôt inhabituel pour une pièce aussi fragile.

LE SUCCÈS DE MERCURE EN GAULE

Le style de cette sculpture est très proche des exemplaires de l’époque tardo-républicaine, période durant laquelle commence à être diffusé le canon artistique romain. Bien que cet exemplaire mesure 15 cm, il appartient vraisemblablement à la production des bronziers des Ier -IIe siècles, dont la taille est souvent inférieure. Il s’agissait donc d’un type d’objet destiné à être placé sur un autel domestique d’une maison - le laraire - où sont honorées les divinités protégeant le foyer. Le dieu Mercure faisait l’objet d’un culte important dès le Ier siècle avant notre ère, comme l’évoque César dans la Guerre des Gaules : « Le dieu qu’ils honorent le plus est Mercure : ses statues sont les plus nombreuses, ils le considèrent comme l’inventeur de tous les arts, il est pour eux le dieu qui indique la route à suivre, qui guide le voyageur, il est celui qui est le plus capable de faire gagner de l’argent et de protéger le commerce1 ».

1 César, Guerre des Gaules, VI, 6, 17 (trad. L.-A.Constans)


Notice rédigée par Thierry Dechezleprêtre
 

BIBLIOGRAPHIE

BOUCHER, Stéphanie. Recherches sur les bronzes figurés de Gaule pré-romaine et romaine. BEFAR 228, Rome : École française de Rome, 1976, 398 p.

LANTIER, René. Argenterie et bronzes figurés recueillis dans les dragages de la Saône, Bulletin des musées de France, 1938, n°9, p. 155-157.