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Les collections archéologiques

Le premier Moyen Âge
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye ©RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye ©RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye ©RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye ©RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye ©RMN-Grand Palais / Gérard Blot
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye ©RMN-Grand Palais / Gérard Blot
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye ©RMN-Grand Palais / Gérard Blot
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye ©RMN-Grand Palais / Gérard Blot
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye ©RMN-Grand Palais / Gérard Blot
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye
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Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye
Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye
Bijoux

Mobilier de la tombe du « chef » de Lavoye

Parmi les 367 sépultures découvertes dans la nécropole mérovingienne de Lavoye, près de Verdun (Meuse), la tombe n°319 est de loin la plus remarquable. Avec cinq autres sépultures formant une rangée orientée nord-sud, elle compose un groupe situé à l’écart du reste du cimetière. Véritable trésor archéologique, ses dimensions et son mobilier luxueux lui valent par la suite l’appellation de "tombe du chef de Lavoye".

LAVOYE : UNE NÉCROPOLE INATTENDUE

Le docteur Meunier entreprend des fouilles sur le site de Lavoye et découvre une première tombe en 1902, mais il ne soupçonne pas alors l’existence d’un grand cimetière mérovingien. Cette première sépulture ne contenant aucun mobilier, il pense avoir découvert la tombe d’une esclave gallo-romaine. Cependant, entre 1905 et 1912, plus de 360 autres inhumations sont mises au jour, dont certaines constituent des groupes, peut-être des concessions familiales. La plupart ne contiennent qu’un mobilier assez modeste (armes, boucles de ceintures et vases).

Le cimetière ne livre aucun sarcophage, mais des traces nettes de cercueils en bois de chêne sont décelées. Dans les fosses, les défunts sont déposés allongés sur le dos, en position horizontale. D’après les observations anthropologiques effectuées par le docteur Meunier sur les restes osseux, 167 tombes sont attribuées à des hommes, 83 à des femmes, 58 à des enfants, et pour 59 tombes, le sexe des défunts n’est pas déterminé – il s’agirait probablement, en majorité, de femmes.

LA SÉPULTURE N°319 ET SON MOBILIER

Étudiée et publiée par George Chenet, la tombe n°319 est fouillée les 8 et 9 août 1910. Sa profondeur, d’environ 1,60 m, est nettement supérieure à celle des autres sépultures de la nécropole, et sa longueur de 3,50 m est exceptionnelle. Elle contient un défunt âgé de 50 à 60 ans, allongé sur le dos, la tête est orientée vers l’ouest, selon une disposition habituelle à cette époque. Les ossements de ses membres inférieurs ont totalement disparu, probablement en raison d’un phénomène naturel, puisqu’il n’existe aucune trace de violation.

Le mobilier de la tombe n°319 est très luxueux. Une plaque-boucle présentant un décor cloisonné d’or et de grenats ferme sa ceinture. Un fermoir d’aumônière, décoré de la même manière, sans doute destiné à fermer un petit sac qui renfermait un silex, servant de briquet, et une pince à épiler, est attaché à sa ceinture. La mode des décors d’orfèvrerie cloisonnée d’or et de grenats se répand en Occident à la fin du Ve siècle. Des bijoux comparables sont découverts dans la tombe du roi Childéric, mort en 481 ou 482 à Tournai (Belgique). Une monnaie à l’effigie de Zénon (475-491 apr. J.-C.), découverte dans la main droite du défunt, donne à cette sépulture un terminus post quem (date plancher).

Sur l’abdomen du défunt repose un couteau en fer à manche en or ; le long de son bras gauche est placée une épée, la plus grande de la nécropole, dont la poignée de bois est recouverte d’une feuille d’or, tandis que le pommeau et la garde sont sertis de grenats. Son fourreau est de même remarquable, orné d’argent, d’or et de grenats. À hauteur d’épaule, une grosse perle de verre, probablement un ornement de dragonne d’épée, est recueillie. Un scramasaxe étroit en fer, placé à gauche du corps, est enfermé dans un fourreau présentant une petite bouterolle (extrémité) d’argent. Près de son genou gauche se trouvent trois pointes de flèches, et à leur côté un bouclier dont seul l’umbo, la pièce métallique bombée qui protège la main, est conservé. Il est en fer martelé et présente six clous de fer plaqués d’argent. L’umbo de la tombe n°319 est la seule trace d’arme défensive de tout le cimetière et constitue un indice du rang social élevé du défunt. Au niveau des pieds se trouve une coupe en verre, et à côté gît une monture en argent que l’on interprète aujourd’hui comme la monture d'un récipient en bois qui aurait disparu.

La fosse de la sépulture se prolonge sur 1,50 m après les pieds. Elle est tapissée d’un agglomérat épais de débris de bois et de clous en fer, suggérant à cet emplacement l’existence d’un grand coffre en bois, contenant de la vaisselle du même matériau.

LA « BUIRE » DE LAVOYE

Une cruche en bois – décomposé – revêtue de feuilles de bronze présentant cinq décors au repoussé repose aux pieds du défunt. Ces décors évoquent des scènes de la vie du Christ : la guérison de l’hémorroïsse, le miracle des Noces de Cana, la résurrection de Lazare, Zachée dans le sycomore et la guérison de l’aveugle-né.

Sans doute influencés par l’histoire du vase de Soissons, les archéologues de l'époque font de la cruche une « buire », un vase utilisé lors des cérémonies chrétiennes. Ils suggèrent alors que le défunt de la tombe n°319 s’est approprié l’objet en pillant sans vergogne une église gallo-romaine. En réalité, les objets décorés de symboles chrétiens sont très fréquents à l’époque paléochrétienne et souvent d’usage profane. La Gaule du Ve siècle est en pleine époque de christianisation et le choix de scènes sacrées pour décorer des objets ne prouve rien quant à la confession de leur propriétaire. En revanche, la présence sur la « buire » de scènes liées à la résurrection et la guérison est probablement un choix délibéré lié au contexte funéraire.

La sépulture n°319 est donc l’une des plus remarquables tombes mérovingiennes trouvées en France. Les objets luxueux rendent compte du haut rang de leur possesseur. L’un des faits archéologiques les plus marquants de l’époque mérovingienne est d’ailleurs la découverte de tombes masculines contenant un mobilier funéraire exceptionnel, en particulier des épées à poignée en tôle d’or et décorée de grenats cloisonnés. Elles témoignent de la répartition d’une élite guerrière dans le royaume franc entre la Seine et le Rhin. Faute de véritablement connaître leur statut, les archéologues ont l’habitude de les appeler « chefs ». Enterré à une quinzaine de kilomètres de Verdun et à proximité d’un carrefour de voies romaines, le « chef » de Lavoye administrait peut-être la région au nom du roi des Francs, Clovis.

BIBLIOGRAPHIE 

BARDIES-FRONTI, Isabelle. DENOEL, Charlotte. et VILLELA-PETIT, Inès. Les Temps mérovingiens. Trois siècles d’art et de culture (451-751), Paris : collection de la RMN, 2016.

CHENET, Georges. La tombe 319 et la buire chrétienne du cimetière mérovingien de Lavoye (Meuse). In : CHENET, Georges. Préhistoire. V. Paris : Presses universitaires de France, 1935, p. 34-118.

JOFFROY, René. Le cimetière de Lavoye. Nécropole mérovingienne, Paris : Picard, 1974.

PÉRIN, Patrick. Quelques objets exceptionnels provenant des tombes des chefs du cimetière mérovingien de Mézières. In : Revue Historique Ardennaise, juillet-décembre 1970, n°4, p. 71-77.

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