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Stèle funéraire d'Apinosus Iclius

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Media Name: GR_MAN52733_F_Entrain-sur-Nohain.jpg
© GPRMN/MAN/Gérard Blot

Ce monument, particulièrement bien conservé, est caractéristique des monuments funéraires d’artisans ou de commerçants en Gaule romaine aux premiers siècles de notre ère.

UNE DÉCOUVERTE DANS UNE TUILERIE

C'est à l'occasion de travaux dans une tuilerie, en 1860, que cette stèle est dégagée du sol. Son très bon état de conservation démontre qu'elle n'a pas été, comme c'est souvent le cas, retaillée pour être remployée, mais qu'il s'agit de son lieu d'origine. Elle signalait la tombe elle-même qui devait prendre la forme d'une simple fosse dans laquelle étaient placées l'urne cinéraire ainsi que des offrandes. Ces dernières doivent être constituées notamment par des cruches et des jattes découvertes à cette occasion. D’autres stèles ont été mises au jour dans cette nécropole implantée à l’ouest d'Entrain-sur-Nohain (Nièvre) dont le nom antique est Intaranum. Comme c'est souvent le cas, cette nécropole se développe à proximité de voies, en l’occurrence celles qui relient Intaranum à Cenabum - Orléans et Avaricum - Bourges.

UN DÉFUNT DU NOM D'APINOSUS ICLIUS

Ce monument funéraire était planté directement dans la terre, ce qui explique la forme irrégulière de la base du bloc en calcaire. Son décor général évoque très schématiquement une architecture à fronton triangulaire encadré par deux pilastres. Le nom du défunt - APINOSUS ICLIUS - a été gravé sur le fronton entre les initiales D. M. correspondant à l’abréviation de la formule consacrée DIIS MANIBUS « Aux Dieux Mânes », c'est à dire en quelques sortes « aux âmes des ancêtres ». Les lettres se caractérisent par leur irrégularité. Le défunt est représenté dans une niche en cul-de-four, vêtu d'une tunique à manches larges qui retombe au-dessus de ses genoux. Mais l'originalité de son costume réside dans la présence d'une large écharpe dont les extrémités se finissent par des franges. Il est chaussé de bottes. Le personnage tient un marteau à long manche dans la main droite, et un pot ou un gobelet dans la main gauche. À ses pieds, un chien et un oiseau sont figurés dans une attitude très naturelle contrastant avec l’aspect figé de l’homme - ou de l’enfant ? - représenté.

LE PORTRAIT D'UN ARTISAN ?

Implanté au nord de la cité des Éduens, Intaranum est dans l’Antiquité une agglomération secondaire dont la prospérité provient vraisemblablement de sa position de carrefour routier (Devauges 1988). Sa parure urbaine semble avoir été particulièrement importante, si l’on en juge par la taille de son théâtre, la présence de plusieurs temples et les sculptures mises au jour. Parmi celles-ci, figure l’une des plus importantes statues d’Apollon découvertes en Gaule . Si l’on peut supposer l’existence d’artisanats variés, le travail du fer semble avoir été particulièrement développé. Bien que le métier du défunt ne puisse être déduit de la simple présence d’un marteau, cette stèle figure vraisemblablement un artisan ayant les capacités financières de faire réaliser un monument funéraire à son image.

Notice rédigée par Thierry Dechezleprêtre
 

BIBLIOGRAPHIE

SARRIAU, Henri. Les inscriptions romaines d’Entrains (Nièvre), Bulletin de la Société nivernaise des lettres, sciences et arts, t. XVIII, 1896, p. 145-157.

DEVAUGES Jean-Baptiste. Entrains gallo-romain, 1988. Éditions Groupes de Recherches Archéologiques d’Entrains (Nièvre), p. 25-26. CIL, XIII, 2911.

ESPERANDIEU Émile, 1907-1938, III, n°2309, p. 272.