Aller au contenu principal

Tipping point ?

Changement et adaptation des sociétés du 1er millénaire BCE

12 et 13 novembre 2026

09:00 - 18:00

Type(s) de public Adultes

Le tipping point, ou point de bascule, désigne un seuil critique, passé lequel un système entre dans un nouvel état. Prisée par les sciences environnementales, la notion de tipping point évoque l’accélération du changement, fondée sur des facteurs interdépendants, anthropiques et non anthropiques, qui déséquilibrent un système préexistant. Elle permet de dépasser la dualité causale entre nature et culture, et de concevoir le changement des sociétés protohistoriques sous un angle nouveau. Tour à tour défini comme un processus continu ou une rupture brutale, le changement peut affecter toutes les sphères de l’existence humaine, et se manifester à différentes échelles spatiales, temporelles et sociales. Pour l’archéologue, les changements dans la culture matérielle sont des repères essentiels révélateurs de pratiques et de transformations qui, cumulées, redéfinissent les configurations matérielles et idéologiques des communautés.

Cette définition du changement est particulièrement pertinente pour le premier millénaire avant notre ère, marqué par une connectivité accrue du continent européen de la fin de l’âge du Bronze et de l’âge du Fer et entraînant une accélération et une intensification du changement. Les flux de biens et de personnes qui se densifient favorisent l’innovation et la diffusion de modèles : métallurgie du fer, innovations agricoles (meule rotative, cultures monospécifiques), apparition de la monnaie, transformations des hiérarchies sociales visibles dans les sépultures, diffusion de la culture matérielle celtique, urbanisation non linéaire, reflétant des mutations économiques, sociales, politiques, démographiques et écologiques.

Face à ces bouleversements, les sociétés développent des stratégies d’adaptation, dont le succès conditionne leur évolution. Par exemple, la modification des pratiques agricoles peut répondre à une contrainte climatique, suivie d’une migration en cas d’échec. Les épidémies ou conflits, en tant qu’épisodes traumatiques, peuvent restructurer l’économie et la politique, affectant les représentations du monde et modifiant rites et iconographie. La question centrale est celle de l’articulation des échelles : de l’événement ponctuel au phénomène graduel, de l’individu au territoire.

Ce colloque se propose d’explorer les modalités du changement en Europe entre la fin de l’âge du Bronze et l’âge du Fer. De l’Atlantique aux Carpates, en englobant le monde celtique (cultures de Hallstatt et de La Tène) et ses marges (âge du Fer britannique, cultures poméranienne, de Jastorf, Przeworsk, Púchov…), jusqu’au monde méditerranéen.

  • 1. Observer le changement, de l’individu à la société : caractériser le changement en identifiant les rythmes et les variations scalaires
  • 2. Les ressorts de l’adaptabilité : réponses et stratégies (le mouvement, la résistance et la friction, l’adoption et la flexibilité). Mise en évidence de la pluralité des mécanismes d’adaptation des communautés.

Ce 4e colloque du Prix Déchelette invite à explorer ces ressorts d’adaptation en croisant démographie, urbanisation, pratiques de production et de consommation et réseaux d’échanges. L’attention accordée aux tensions entre compétition et collaboration, tradition et innovation, permet d’identifier des mécanismes généraux d’adaptation, et comprendre comment les sociétés protohistoriques ont réagi face aux transformations majeures qui les ont traversées.

Découvrez le présentation complète du colloque

 

Colloque organisé par Carole Quatrelivre

Carole Quatrelivre est archéologue et étudie actuellement les processus de construction des territoires gaulois, dans leurs dimensions sociale et économique. Elle découvre l’archéologie protohistorique avec Jean-Paul Guillaumet à l’École du Louvre et fait ses premiers pas dans l’étude des collections archéologiques avec Jenny Kaurin et Stéphane Marion. En 2015, elle reprend l’étude des collections du sanctuaire gaulois de Gournay-sur-Aronde au Musée Antoine Vivenel (Oise). Puis, ce travail se poursuivant dans un cadre collaboratif, Carole Quatrelivre élargit ses perspectives et obtient un contrat doctoral auprès de l’ENS pour analyser les dynamiques culturelles et les systèmes de peuplement du second âge du Fer en Île-de-France, sous la direction de Stéphane Verger et de Pierre Nouvel. Cette recherche, publiée en septembre 2025, associe l’étude de la culture matérielle aux analyses statistiques et spatiales, et est ancrée dans une connaissance empirique de la région parisienne, notamment de la confluence Seine-Oise, qu’elle arpente depuis l’enfance. Depuis 2023, elle réside à Kiel (Allemagne), où elle collabore avec Oliver Nakoinz et Simon Stoddart à l'analyse des interactions entre la mer Baltique et la Méditerranée pendant le 1er millénaire avant notre ère.

Ce colloque a reçu le soutien de l’école universitaire de recherche EUR Archaeological Challenges

À découvrir