La rondelle à la vache et au veau

C’est la construction de la route impériale qui entraîne, en 1857, la découverte de vestiges préhistoriques dans l’immense grotte du Mas d’Azil (Ariège) et, dès 1860, les premières fouilles archéologiques.

Après Édouard Piette, entre 1887 et 1894, se succèdent l’abbé Breuil, en 1901 et 1902, puis par Marthe et Saint-Just Péquart, de 1935 à 1942. Les préhistoriens ont mis au jour deux importants ensembles magdaléniens, l’un attribuable au Magdalénien moyen (vers – 15 000 ans), l’autre au Magdalénien supérieur (vers – 13 000 ans), qui ont livré une abondante industrie, lithique et osseuse, ainsi que de nombreuses oeuvres d’art.

 

Un décor gravé figuré

Cette rondelle découpée a été découverte par Marthe et Saint-Just Péquart en 1937 ou 1938. Parfaitement circulaire, avec un diamètre de cinq centimètres, elle montre une perforation centrale bien placée et des bords extérieurs soigneusement polis. Elle est conservée entière – fait exceptionnel – et décorée de figures animales, alors que la plupart des rondelles sont ornées de motifs géométriques.

Sur une face, on peut voir un avant-train de boviné adulte, judicieusement inscrit dans le cercle de la rondelle. Les détails sont efficaces et élégants : les cornes et les oreilles, l’oeil et la narine, ainsi que le pelage au niveau du garrot et du poitrail. L’autre face porte un jeune boviné complet, dont la disposition est également très réussie. L’on y retrouve les mêmes détails et la même façon de traiter le pelage. Le jeune animal est deux fois moins grand que le sujet adulte, ce qui correspond aux véritables proportions.

 

 

Une vache et un veau ?

Cette rondelle découpée a été dénommée par les préhistoriens « rondelle de la vache et son veau ». Ils y avaient vu la représentation de deux aurochs, une femelle et un jeune, probablement son petit. Mais, selon les archéozoologues, la femelle et le jeune n’appartiennent pas à la même espèce : il s’agit d’une femelle aurochs et d’un jeune bison.

L’idée qu’a voulu traduire l’artiste préhistorique est donc plus complexe encore que celle de la maternité…

L’on peut comparer la rondelle du Mas d’Azil à celle de la grotte d’Enlène, elle aussi en Ariège, sur laquelle est gravé un bison (Association Louis Bégouën à Montesquieu-Avantès). Celle de l’abri de Laugerie-Basse, en Dordogne, est peut-être encore plus proche, avec sur chacune de ses faces la figuration d’une biche, tantôt debout, tantôt couchée (Musée d’Art et d’Archéologie du Périgord à Périgueux).

Comme sur de nombreux objets d’art ou dans bien des grottes ornées, nous nous trouvons face à la juxtaposition de figures animales dont nous ignorons la signification.

 

Des objets de parure