Statuette féminine d’Égypte prédynastique

Statuette féminine d’Égypte prédynastique

Statuette féminine d’Égypte prédynastique

L'Archéologie comparée
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Matière et technique: 
Argile rouge (limons de la vallée du Nil)
Origine et date: 
Hiérakonpolis (?) (Kôm el-Akhmar, Haute-Égypte).
Époque de Nagada II
(entre 3 500 et 3 200 environ avant J.-C.).
Artiste(s): 

Dimensions :

18 cm

Depuis les années 1880, les archéologues ont retrouvé en Égypte de très nombreuses statuettes féminines en terre cuite de ce type. Elles sont parmi les plus anciennes représentations plastiques de l'art égyptien et semblent généralement provenir de tombes bien que, la plupart du temps, leur contexte de découverte ne puisse être très clairement établi. La plupart de ces statuettes sont féminines mais il existe aussi quelques exemplaires masculins.

Cette statuette peut être rapprochée d’un exemplaire de la collection prédynastique du musée de Brooklyn et provenant de Ma’mariya (Haute-Égypte).

La signification d'une telle figurine, qui faisait vraisemblablement partie d’un mobilier funéraire, est loin d’avoir été complètement éclaircie. On peut évoquer à son sujet une certaine correspondance avec une partie des décors figurés sur des vases peints de la même époque qui comportent parfois des figures féminines analogues mais avec les bras levés comme si elles effectuaient des mouvements de danse (ou d’invocation ?). Certains auteurs leur ont attribué un rôle en relation avec l'au-delà, voire un rôle de divinité ou de « gardienne du mort ».

Toutes les sépultures de la même période chronologique n’ont pas livré systématiquement de statuettes de ce genre : il est permis de penser qu’elles étaient attribuées en fonction de la position sociale reconnue à chaque défunt. Ainsi pouvaient-elles peut-être contribuer à singulariser certains individus au sein de tout un système rituel dont l’organisation et le sens nous échappent encore largement aujourd’hui.

 

Bien que la figurine du M.A.N. ait été modelée de manière schématique, elle est identifiable grâce à ses caractères sexuels marqués, notamment les seins et la cambrure. La tête est, à l’inverse, schématisée à l’extrême au point d’évoquer pour certains auteurs un bec d’oiseau.

 

Par comparaison avec d'autres exemplaires semblables, la position des bras paraît exceptionnelle. En effet, ils sont cassés sous l’arrondi des épaules et il est donc difficile d’admettre qu’ils aient été modelés relevés, en formant un arrondi au-dessus de la tête, comme pour de nombreuses autres statuettes que les auteurs anciens qualifiaient parfois de « danseuses » ; il semble plus vraisemblable que les bras aient été posés le long du corps ou peut-être infléchis à la hauteur des coudes pour se joindre à la hauteur du ventre. En tout cas, il ne semble pas, en l’état actuel des études, qu’il y ait eu un véritable canon de représentation à cette époque reculée.

 

Cette statuette semble vêtue d’une longue « jupe » blanche peinte sur l’argile à l''aide d''un matériau, sans doute à base de chaux. Ses jambes ne sont pas individualisées et forment une sorte de tenon. Il est possible qu'à l'origine cette statuette ait pu être fichée en terre ou dans un support quelconque.
 

Collection Jacques de Morgan