Jacques Jean Marie de Morgan

Jacques Jean Marie de Morgan

Jacques Jean Marie de Morgan

Les grandes figures du musée
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Origine et date: 
1857 - Huisseau-sur-Cosson (Loir-et-Cher) / 1924 - Marseille
Archéologue et préhistorien français.
Artiste(s): 

Ingénieur et géologue français. Il devient archéologue et préhistorien, sensibilisé à ces disciplines par son père. Il contribue au développement de l’archéologie préhistorique. J. de Morgan a une approche pluridisciplinaire de l’archéologie préhistorique. Il a recours à des spécialistes, géologues, anthropologues, ethnologues, chimistes, de France et d’ailleurs. Selon lui, l’archéologie préhistorique se confond avec l’ethnographie et la préhistoire fait le lien entre la géologie et l’histoire. En tant qu’ingénieur des mines, il voyage dans le Caucase puis en Perse. Il prend également part à une expédition en Malaisie durant laquelle il met en place sa méthodologie. 

Un archéologue tourné vers l'Orient

 

Entre 1892 et 1897, il succède à G. Maspero à la tête du Service égyptien des Antiquités. Ses Recherches sur les origines de l’Egypte sont publiées en 1896 et démontrent l’existence d’une préhistoire égyptienne. Il identifie les premiers éléments de la « civilisation de Nagada », qu’il vient de découvrir et se pose la question de son origine. Puis, en 1897, il est nommé à Suse alors qu’il est directeur de la Délégation française en Perse. Il s’agit du plus grand chantier européen du Proche-Orient, la première convention signée avec l’Iran concernant le monopole français des recherches archéologiques en Perse datant de 1895.

La mission archéologique de 1897 est la première à obtenir des moyens importants, alloués par le gouvernement français. Cependant, à partir de 1904, J. de Morgan est mis en demeure de justifier ses dépenses sur le site de Suse. L’affaire connaît un fort retentissement et le président du Conseil, G. Clemenceau, affirme son soutien au chef de la Délégation. Malgré cela, J. de Morgan finit par démissionner en 1912 et transmet la direction des travaux à V. Scheil et à R. de Mecquenem. Ses travaux et ceux de ses successeurs ont révélé les liens étroits entretenus depuis une très haute antiquité par les mondes iraniens et mésopotamiens.

Une approche novatrice

 

J. de Morgan lance également le principe de l’ « archéologie comparative ». Cette nouvelle forme d’archéologie se fonde entre autre sur la notion d’échange, de relation, d’influence. J. de Morgan fait partie de cette génération de préhistoriens qui n’envisage plus l’évolution humaine comme linéaire et universelle et selon les mêmes modes de développement.

On peut aujourd’hui admirer ses collections au Musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye dans la salle d’archéologie comparée, auquel il avait déjà fait un don en 1893, au musée du Louvre et dans différents musées parisiens ou européens.  

 

Pour aller plus loin :

- Bibliographie :

« Caucase, Egypte et Perse : Jacques de Morgan (1875-1924), pionnier de l’aventure archéologique », In : Cahiers du Musée d’Archéologie Nationale, n°1, Editions La Simarre, 2009.

GRAN-AYMERICH E., Naissance de l’archéologie moderne 1798-1945, Paris, CNRS Editions, 1998.