Bâton perforé gravé d’une file de chevaux

Bâton perforé gravé d’une file de chevaux

Bâton perforé gravé d’une file de chevaux

Parcourir les CollectionsLe PaléolithiqueThe Palaeolithic Period
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Matière et technique: 
Gravures de chevaux, Bois de renne
Origine et date: 
Abri de La Madeleine, (Tursac, Dordogne)
Vers 11 000 avant J.-C.
Artiste(s): 

Dimensions :

Long : 31 cm

Le bois de renne, relativement tendre, se prête très bien à la gravure, contrairement à d’autres fragments osseux. Celle que nous voyons ici est profonde et dissymétrique, si bien qu’elle donne un léger effet de relief aux animaux. La forme cylindrique du bois de renne a dû certainement influencer également les choix de l’artiste : l’objet est orné sur ses deux faces et le décor retenu est celui de la file qui s’adapte parfaitement à un support allongé.

Sur cette face figurent trois chevaux de profil à gauche (dont un n’est présent que par la tête) et un quatrième, tête bêche avec les autres. Sur l’autre face, quatre chevaux se suivent.


Ces chevaux ont les pattes courtes et le ventre volumineux, si bien qu’ils sont souvent appelés « animaux bassets ». Mais, il ne s’agit pas de femelles gravides (enceintes) contrairement à ce que l’on pensait anciennement.

Une ligne sinueuse (ligne cervico-dorsale) régulière et profondément incisée part du naseau pour suivre le chanfrein (partie de la tête entre le front et les naseaux), le dos et s’infléchir légèrement pour former la queue. La tête est grande, la mâchoire est lourde (on dit barygnathe). Une incision courbe figure l’œil. La bouche est marquée. Des traits obliques représentent la crinière.

Les chevaux de cette époque, petits et trapus, protégés par un poil épais, ressemblent un peu à nos poneys d’aujourd’hui. Le cheval sauvage des steppes de Mongolie, ou cheval de Przewalski, en est l’évocation la plus proche. De toutes les espèces, le cheval est l’animal le plus représenté dans l’art du Paléolithique.


Un bâton est dit perforé, ou percé, lorsqu’il porte une grande perforation circulaire, effectuée à l’aide d’outils en silex. Ce type d’objet se rencontre pendant tout le Paléolithique supérieur. Il est généralement décoré, de manière géométrique ou figurative. Sa fonction reste incertaine, mais le plus plausible est qu’il serve à redresser les sagaies, souvent courbes. La perforation de celui-ci semble élaborée après le décor puisqu’elle interrompt ce dernier.