Vercingétorix et Alésia

Vercingétorix et Alésia

Vercingétorix et Alésia

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Origine et date: 
Pionsat (Puy-de-Dôme)
Ier siècle avant notre ère
Artiste(s): 

C’est à Alise-Sainte-Reine (Côte-d’or) qu’en 52 avant J.-C. s’est livré le siège d’Alésia qui devait mettre un terme à la guerre de libération menée par Vercingétorix et ses alliés contre les Romains entrés en Gaule.

Vercingétorix s’enferme sur la hauteur d’Alésia avec une armée composée, d’après César, de 12 000 cavaliers et de 80 000 fantassins. L’armée romaine, qui assiège les Gaulois, compte 10 à 12 légions, soit seulement 40 à 50 000 hommes.

César fait établir, dans la plaine, une double ligne de fortifications renforcée par une série de camps implantés sur les plateaux environnants. La ligne interne (ou contrevallation) est destinée à empêcher les Gaulois de sortir de la place où ils se sont retranchés ; tandis que la ligne externe (ou circumvallation) doit leur interdire d’être délivrés de l’extérieur par d’autres troupes gauloises. Au total, ces ouvrages sont développés sur une longueur atteignant environ 40 kilomètres. On estime que les travaux du siège durent occuper les Romains pendant quatre à cinq semaines. Du côté gaulois, l’armée de Vercingétorix ne pouvait guère compter que sur environ un mois de vivres.

Aussi, Vercingétorix renvoie rapidement sa cavalerie en la chargeant de revenir avec une armée de secours. Celle-ci arrive devant Alésia avec, selon César, un contingent de 250 000 fantassins. La concentration d’hommes réunis dans cet affrontement décisif est extraordinaire : environ 400 000 combattants sont en présence, auxquels s’ajoutent la masse des civils emmenés avec les armées, les serviteurs et esclaves de l’armée romaine.

Les Gaulois attaquent dans un double mouvement : à l’extérieur, l''armée de secours tente d’enfoncer les lignes romaines encerclant Alésia, tandis qu’à l’intérieur l’armée de Vercingétorix, descendue du plateau, essaie de forcer la contrevallation. Mais l’armée romaine prend les Gaulois à revers et leur coupe la retraite : la bataille d’Alésia est perdue. Le lendemain, Vercingétorix se rend. Après la reddition des Gaulois, 70 000 personnes seront déportées par les Romains, la plupart pour être données ou vendues comme esclaves. Du côté gaulois, le nombre des morts et des disparus est estimé à environ 10 000.

Tous les peuples de la Gaule ne sont pas venus au secours de Vercingétorix. Les monnaies retrouvées dans les fossés d’Alésia montrent que seuls les Eduens, les Bituriges, les Séquanes et les Arvernes ont entendu son appel à l’aide.

La Guerre des Gaules n’est pas celle de tous les Gaulois. Seuls les grands propriétaires terriens, qui voyaient Rome menacer leurs privilèges, souhaitent se débarrasser des Romains. Commerçants et artisans qui s’enrichissent de plus en plus au contact de Rome, espèrent ainsi se libérer de la tutelle de l’aristocratie.

L’ensemble du mobilier archéologique lié au siège d’Alésia est déposé au Musée des Antiquités nationales. La présentation des collections provenant de ce site est l’une des toutes premières à avoir été mise en oeuvre à Saint-Germain : ainsi, dès l’origine des collections, la Salle Alésia a constitué, à proprement parler, le coeur du Musée des Antiquités nationales.

Image 2 :
Les statères (monnaies) arvernes à l’effigie de Vercingétorix présentent de lui un profil très hellénistique qui est sans doute plus conventionnel que réaliste. Sa tête est coiffée de larges boucles, une double mèche tombant sur la nuque. Le nez est long et droit, à large narine. Les lèvres sont étroites et charnues. À l’arrière se trouve la légende en caractères latins : (VERCIN)GETORIXS. Une autre série de monnaie le présente casqué. En tout, 25 statères d’or et deux pièces en bronze sont aujourd’hui connues. Toutes ces monnaies ont été frappées pendant la Guerre des Gaules. Le texte de Jules César et ces 27 monnaies sont les seuls témoignages littéraires et archéologiques de l’existence de Vercingétorix.

Malgré tout, que peut-on quand même dire de lui ? Vercingétorix signifie en langue gauloise « le grand chef des braves ». Il est né entre 82 et 74 avant J.-C. quelque part en pays arverne, l’Auvergne actuelle, la tribu la plus puissante de la Gaule au IIe siècle avant J.-C. Son père Celtill, noble riche et influent, rêve de transformer son titre de vergobret, magistrat suprême élu pour un an, en celui de roi, mais il est mis à mort par ses compatriotes. Il passe quelques années dans l’entourage de César qui croit ainsi s’assurer son appui. Cependant, il est élu chef de la coalition à Bibracte, sur le Mont Beuvray, en 52. Fait prisonnier à Alésia en septembre 52, sa renommée n’aura finalement duré que neuf mois. Sa légende ne faisait que commencer.

Image 3 :
La maquette des travaux d’Alésia exposée au Musée des Antiquités nationales a été réalisée à partir des fouilles du Second Empire. La recherche archéologique a aujourd’hui évolué et les dernières fouilles ou la photographie aérienne révèlent petit à petit d’autres particularités. Par exemple, les tours, sur la maquette comprennent deux étages. Des essais de reconstitution, aujourd’hui, ne les montrent plus qu’avec un seul étage au-dessus du chemin de ronde et aussi beaucoup plus rapprochées. Les créneaux seraient aussi sensiblement plus larges.

Si les recherches actuelles confirment sans l’ombre d’un doute l’identification du site de la bataille d’Alésia avec le village d’Alise-Sainte-Reine en Côte-d'or, les recherches à venir permettront de préciser davantage les nouvelles données et les détails d’une des plus célèbres batailles de notre Histoire.

Image 4 :
De courts pieux portant des aiguillons de fer à crochet (stimuli) sont enterrés. Une zone est creusée de larges trous dans lesquels sont enfoncés de gros pieux épointés. Viennent ensuite des alignements de branches taillées en pointe. Des fossés sont remplis d’eau détournée de la rivière. Des tours de bois permettent d’observer les alentours. César installe son camp entre les deux rangées de défense.