Statuette de Mercure

Statuette de Mercure

Statuette de Mercure

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Matière et technique: 
Bronze
Origine et date: 
Dragages de la Saône,
à la pointe de l’île Barbe, en amont de Lyon (Rhône)
Ier-IIIe s. ap. J.-C.
Artiste(s): 

Dimensions :

15 cm

Cette statuette en bronze de Mercure le montre sous son aspect le plus classique : un jeune homme nu, portant sur l’épaule la chlamyde, le manteau des voyageurs, sur la tête le pétase ailé, des ailettes aux talons et le caducée. Les animaux qui l’accompagnent habituellement, le coq, le bélier et la tortue, manquent.

Mercure est un dieu romain particulièrement apprécié en Gaule romaine, surtout dans le centre, le nord et l'est du pays. Il protège marchands, voyageurs et étrangers, mais aussi, et c’est une originalité propre à la Gaule, les artisans.

Les pouvoirs du Mercure gallo-romain sont donc étendus, et reflètent peut-être l''assimilation partielle de la divinité gréco-romaine à une ou plusieurs déités celtiques. La statuette, comme d’autres en terre cuite ou en argent, appartenait sans doute à une petite chapelle domestique, devant laquelle étaient accomplis les rites religieux, mais Mercure était aussi honoré dans des grands sanctuaires, parfois situés sur des hauteurs, comme sur le Puy de Dôme.


Sur la tête, Mercure porte un pétase. Ce mot grec désigne un chapeau plat à larges bords porté par les voyageurs. Le pétase de Mercure était muni à l’origine de deux ailettes, dont seule une subsiste. Si Mercure porte le pétase, c’est qu’il protège (entre autres) les voyageurs, les ailettes rappelant sa célérité comme messager des dieux.
Sur certaines statuettes, les ailettes émergent directement de la chevelure. On a supposé que cette anomalie pouvait indiquer que ces objets étaient fabriqués en Gaule, où le motif du pétase à ailettes n’aurait pas été compris par certains bronziers.
De façon générale, l’image de Mercure romain ne donne lieu qu’à quelques rares interprétations indigènes. Il est ainsi parfois doté d’une barbe, revêtu d’un gros manteau à capuchon, doté de trois têtes ou montré assis en tailleur. Ces interprétations reflètent peut-être l’assimilation partielle du dieu gréco-romain à une ou plusieurs déités celtiques.


Dans la main droite, Mercure tient une bourse. Elle symbolise le gain issu des transactions commerciales, et, de façon globale, la prospérité. En Gaule romaine, des inscriptions révèlent que Mercure patronne les marchands, les marchés et le négoce, entre autres choses.
Sur certaines statuettes en bronze, le dieu présente la bourse sur sa main ouverte, au lieu de la tenir suspendue. Cette particularité, absente des représentations gréco-romaines, pourrait être l’indice d’une fabrication en Gaule romaine.


Dans sa main gauche, Mercure porte un caducée. C’est un bâton de berger sur lequel s''enroulent deux serpents. Selon la mythologie grecque, cette houlette, en or, fut offerte par Apollon à Mercure (Hermès) en échange de la flûte inventée par ce dernier. À l’aide de ce bâton, il sépara deux serpents qui s’affrontaient ; l’objet devint alors symbole de concorde, de paix et emblème des hérauts.
C’est donc le rôle de héraut divin, de messager des dieux, de Mercure qui est évoqué par le caducée. Il est peu probable que l’origine de cet attribut ait été connue de tous les nombreux Gallo-romains qui honoraient Mercure.