Un chapiteau composite

Un chapiteau composite

Un chapiteau composite

Le premier Moyen Âge
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Origine et date: 
Ve siècle ?
Provenance inconnue
Artiste(s): 

Au premier regard, ce chapiteau associe dans son décor un vocabulaire architectural bien connu de l’Antiquité : feuilles d’acanthes (généralement associées à l’ordre corinthien), volutes d’angles (qui se réfèrent à l’ordre ionique) et rosettes centrales.

Il se rattache ainsi à l’ordre dit « composite », qui associe les volutes d’angles et la double rangée de feuilles d’acanthes, issues des deux ordres classiques évoqués précédemment.

Cependant, en observant ce chapiteau de plus près, il apparaît plusieurs détails s’éloignent du modèle antique : les volutes, en particulier, se prolongent en de véritables anses, et viennent s’appuyer sur les feuilles d’acanthes recourbées de la corbeille (partie centrale de l’objet).

Nous connaissons d’autres exemples de chapiteaux présentant ce type de décor, principalement dans le sud-ouest de la France, datés autour du IVe -Ve siècle, mais ces œuvres sont généralement sculptées dans du marbre, et non de la pierre calcaire, comme le chapiteau du MAN. Celui-ci ne possède donc pas de parallèle direct et paraît d’ailleurs être le fruit d’une évolution plus tardive : les côtés des volutes sont décorés de rosettes à motifs d’oves, les feuilles d’acanthes sont représentées de façon très stylisée, et on peut observer, en alternance avec ces rangées de feuilles d’acanthes, la présence de décors en méplat (très faible relief), géométriques (triangles, chevrons...) ou, en partie supérieure, de palmettes.

Pour finir, la présence de deux anses en forme de poissons, un exemple rare de décor zoomorphe pour la période du Premier Moyen Âge, qui signale cet élément architectural comme un objet exceptionnel.

 

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