Vue du château de Saint-Germain-en-Laye

Vue du château de Saint-Germain-en-Laye

Vue du château de Saint-Germain-en-Laye

Objets documentaires
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Origine et date: 
1. Vue du château de Saint-Germain-en-Laye, vers 1830-1846, 30,5 x 24,5 cm, gravure.

2. Paris dans sa splendeur. Château de Saint-Germain-en-Laye, Second Empire, vers 1847-1870, 27,5x38,5 cm, gravure
signé Félix Benoist

3. Steeple chase St-Germain. Champ de course. Vue prise de la terrasse, vers 1830, 33,5x53 cm, gravure.
signé Bonnemaison
Artiste(s): 

Le service des Ressources documentaires du Musée d’Archéologie nationale conserve près de deux cents gravures illustrant l’histoire et la vie du château et du domaine entre le XVIIe siècle et le XXsiècle.

La gravure n°1, datée du règne de Louis-Philippe (1830-1848), est une représentation assez fidèle de l’état des jardins et du Château Vieux sous la Monarchie de Juillet, à la veille de la construction de la gare de Saint-Germain en 1846. Un certain désordre règne dans cette représentation romantique d’une nature sauvage : de grands marronniers foisonnant s’élèvent au milieu des étendues d’herbes folles laissées en friche. Les traits du graveur subliment cette profusion d’un domaine à l’abandon. Au cours de la première moitié du XIXe siècle, l’entretien des jardins est réduit au minimum. Les broderies précieuses imaginées par André Le Nôtre deux siècles auparavant laissent place à un parterre de gazon et les compositions florales du jardin de la Dauphine ont disparu. Les frais se limitent à la tonte du gazon, à la tenue des allées et à l’élagage des arbres. On aperçoit également le mur du pénitencier militaire permettant aux détenus de se promener dans les fossés du château, ne laissant plus aucun faste à cette ancienne demeure royale. Seuls les pavillons Mansard rappellent l’intérêt qu’a pu porter Louis XIV à ce château avant de choisir Versailles comme nouveau centre du pouvoir royal. Malgré tout, le Domaine de Saint-Germain demeure l’une des destinations favorites des promeneurs du XIXe siècle, Saint-Germanois et Parisiens.

Les gravures n°2 et 3, plus tardives, illustrent l’état des jardins et de la Grande Terrasse, peu après la construction du chemin de fer atmosphérique et son inauguration en 1847.

On reconnaît sur la gravure n°2 la gare entre les deux marronniers de droite, son architecture en orangerie avec ses hautes baies vitrées en plein cintre séparées par des pilastres. L’on aperçoit les jeunes enfants s’amuser avec leurs cerceaux et ballons, aux côtés de femmes en crinoline. À l’occasion de l’inauguration de la nouvelle ligne, les jardins sont réaménagés. Si le mur du pénitencier est toujours présent, des bosquets floraux sont plantés aux abords du château. Un nouveau divertissement est proposé aux visiteurs du Domaine. Aux côtés de la promenade et de la fête des Loges en été, le panorama de la Grande Terrasse s’ouvrant sur la vallée de la Seine permet d’admirer le train et les ouvrages d’art conçus pour lui, comme le montre la gravure n°3. Le viaduc du Pecq d’une hauteur moyenne de dix-huit mètres comportant vingt arches attire tout particulièrement l’attention des promeneurs. La troisième gravure laisse supposer également qu’un champ de course équestre existait au-dessous du pont, certaines silhouettes s’apparentent aux cavaliers accompagnés de leurs chevaux. La ligne de chemin de fer au départ de Paris, offre ainsi l’opportunité au plus grand nombre d’apprécier les douceurs et agréments du Domaine royal de Saint-Germain-en-Laye.

L’arrivée du train à Saint-Germain s’accompagne d’une nouvelle affluence. La promenade revêt plusieurs caractères. Elle est avant tout un divertissement : ludique et récréative, elle peut être festive, mondaine, familiale, ou une simple flânerie. Les enfants viennent avec leurs petits chiens de compagnie. Les femmes sous leurs ombrelles conversent avec les hommes en redingote surmontés d’un chapeau haut-de-forme ou d’un bicorne. La promenade possède aussi une fonction sociale, voire politique : elle est le lieu de la sociabilité et des mondanités. On monte sur le plateau de Saint-Germain pour être vu. Enfin la promenade propose des vertus répondant aux préoccupations hygiéniques du siècle : on se rend à Saint-Germain pour y respirer son bon air et fuir ainsi, le temps de quelques heures, le miasme de la capitale. Un jardin anglais, antre de la rêverie et de l’imagination pour les promeneurs, est aménagé entre les Grands Parterres et la forêt.

Le XIXe siècle favorise une véritable industrialisation de l’estampe par les innovations des techniques de gravure offrant une plus grande précision du dessin et du détail. Les reproductions de gravures représentant le Domaine royal de Saint-Germain-en-Laye sont alors extrêmement nombreuses.

Ces gravures ont été présentées lors de l'exposition "Un jardin de Louis-Philippe".
 

Pauline Louvrier