Plan du jardin anglais

Plan du jardin anglais

Plan du jardin anglais

Objets documentaires
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Origine et date: 
Jardin anglais, 24 février 1848
Calque aquarellé

Par Alexandre Prosper Loaisel de Tréogate
Artiste(s): 

L’extension de la ligne de chemin de fer jusqu’au cœur de Saint-Germain-en-Laye entraine non seulement l’amputation d’une partie du Grand Parterre, mais également une division de la forêt, dont une petite partie de trois hectares est désormais séparée par une large tranchée. Cette saignée délimite un espace en forme d’éventail, que l’ingénieur Alexandre Prosper Loaisel de Tréogate conçoit en jardin anglais dès juillet 1845, comme le montrent plusieurs plans conservés aux Archives nationales.

La composition générale du jardin, semble arrêtée dès 1845. Des allées de sept mètres sont orientées au nord dans la continuité de celles du jardin régulier, tandis que d’autres, de cinq mètres, sont tracées en périphérie du jardin ou rejoignent les différents points de vue. Enfin, des serpentines de deux mètres proposent un parcours sinueux au travers des différents bosquets. Un luxe de détails minutieux est apporté au graphisme des arbres isolés, des allées et des bosquets. Ces derniers vont s’épanouir dans l’espace libéré par certains des grands arbres de la chênaie-hêtraie qui sont abattus, alors que d’autres sont conservés afin de donner une structure au jardin.

Le plan aquarellé sur calque, daté du 24 février 1848, alors que la ligne de chemin de fer est enfin ouverte, montre les travaux préparatoires à l’écoulement des eaux, preuve s’il en est, que les travaux d’exécution sont bien avancés.

Ce havre de paix et de quiétude au sein du domaine royal de Saint-Germain-en-Laye forme dès lors une transition entre les parterres et la forêt. Le jeu pittoresque d’une nature plus sauvage et plus poétique est, à Saint-Germain, dans un contraste saisissant avec le jardin régulier à la française créé par Le Nôtre et situé à proximité.

Voulu par Louis-Philippe, financé par la Compagnie de chemin de fer de Saint-Germain, il annonce déjà le rapide développement des jardins urbains tant appréciés sous le Second Empire.


Corinne Jouys Barbelin

 

Les fonds d'archives du service des Ressources documentaires conservent de nombreux plans et estampes illustrant l'évolution du domaine et du château. Leur étude actuelle accompagne les recherche menées dans le cadre du projet Corpus numérique sur l'histoire du château et du domaine, du Labex Les passés dans le présent qui bénéficie du soutien apporté par l’ANR au titre du programme « Investissements d’avenir » (Convention attributive d’aide :ANR-11-LABX-0026-01).

Ce plan a été présenté lors de l'exposition "Un jardin de Louis-Philippe".