Louis-Félicien Caignart de Saulcy, dit Félix de Saulcy

Louis-Félicien Caignart de Saulcy, dit Félix de Saulcy

Louis-Félicien Caignart de Saulcy, dit Félix de Saulcy

Les grandes figures du musée
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Origine et date: 
1807 – Lille / 1880 – Paris
Archéologue, numismate et épigraphiste français, fondateur de l’archéologie biblique.
Artiste(s): 

En 1826, il est admis à l’Ecole Polytechnique (c’est là qu’il adopte le prénom Félix) et deux ans après, à l’Ecole d’application de l’artillerie et du Génie de Metz. En 1831, il est cantonné à Dieulouard (Meurthe-et-Moselle) et y effectue ses premiers pas d’archéologue en fouillant une station romaine.

 

Des débuts prometteurs

 

Ses Recherches sur les monnaies des évêques de Metz sont publiées en 1835 et sont saluées par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, tout comme son Essai de classification des suites monétaires byzantines, publié l’année suivante. Il épouse en 1836 Pauline de Brye.

Au début des années 1840, il est élu académicien et devient conservateur du Musée d’Artillerie. Ce poste lui laisse le temps pour étudier des langues orientales anciennes.  

 

La Palestine : un réconfort face au chagrin

 

En 1845, il entreprend son premier voyage autour de la Méditerranée. Il passe ainsi par l’Italie, la Grèce, la Turquie et l’Egypte. En 1850, suite au décès de son épouse, de Saulcy part en Syrie et en Palestine qu’il visite pour la première fois. Il se met alors à travailler sur le « Tombeau des Rois ». C’est durant ce voyage que naît son intérêt principal : la Palestine. Il est un des premiers à étudier avec méthode la géographie de la Terre Sainte et notamment le bassin de la mer Morte. Ses théories nouvelles sur la région soulèvent des polémiques dès son retour en France lorsqu’il publie Le Voyage autour de la Mer Morte et dans les Terres bibliques (1853).

 

Une nouvelle épouse : le rapprochement avec la cour 

 

En 1853, il épouse Mlle de Billing en secondes noces. Cette dernière devient la dame d’honneur de l’Impératrice. Il prend sa retraite comme chef d’escadron en 1855. Il passe alors beaucoup de temps à la cour et se rapproche de Napoléon III. Il promeut à son tour le développement de l’archéologie métropolitaine. Il est également président de la Commission du Corpus Inscriptionum Semiticarum et de la Commission de topographie des Gaules, chère à l’Empereur. Il est nommé sénateur en 1859.

 

Les deux autres séjours en Palestine

 

En 1863, lors de son deuxième voyage en Palestine, il est accompagné par une véritable équipe et reprend ses travaux sur le « Tombeau des Rois ». Il y retourne une dernière fois en 1869. Il participe aussi aux travaux de la Commission de création du Musée des Antiquités celtiques et gallo-romaines aux côtés d’A. Bertrand, E. Lartet et J. Boucher de Perthes. Grâce à lui, une galerie judaïque ouvre au Louvre dans les années 1860.

 

Une fin de carrière compliquée

 

Après la proclamation de la République le 4 septembre 1870, le couple de Saulcy suit les souverains déchus en Angleterre. Ils y restent durant six mois. De retour en France, il est très atteint dans sa fortune et cherche à vendre sa collection de monnaies qui est la seconde d’Europe. Le British Museum lui en offre pratiquement le double du prix du Gouvernement français mais il la cède malgré cela au Cabinet des Médailles. 

 

Pour aller plus loin :

- Bibliographie :

GRAN-AYMERICH E., Dictionnaire biographique d’archéologie 1798-1945, Paris, CNRS Editions, 2001. 

MERLIN A., « L. F. Caignart de Saulcy. Carnets de voyage en Orient (1845-1869) publiés par Fernande Bassan », In : Journal des savants, pp. 44-46, janvier-mars 1956.