L'épée du "chef de Chaouilley"

L'épée du "chef de Chaouilley"

L'épée du "chef de Chaouilley"

Parcourir les CollectionsLe premier Moyen Âge
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Matière et technique: 
Lame damassée : forgée avec des barres de fer doux et carburé martelées ensemble

Bois (?)
Origine et date: 
Entre 520 et 570
Chaouilley (tombe 20) - (Meurthe-et-Moselle)
Artiste(s): 

Dimensions :

90 cm environ

Les tombes de Chaouilley :

C’est en 1933 que le Musée d’Archéologie nationale acquit une partie du mobilier mérovingien découvert à Chaouilley (Meurthe-et-Moselle) par le docteur Voinot. Il provenait de trois sépultures de femmes et de celle d’un homme inhumé avec un armement abondant (tombe n°20).

 

L’épée d’un « chef » mérovingien :

Il n’est pas rare de trouver des armes dans les tombes masculines de l’époque. Cette pratique est issue des traditions funéraires germaniques
mais, comme l’armée romaine s’était mise dès le IVe siècle à incorporer un nombre toujours croissant de Barbares – majoritairement des Germains – elle avait été introduite en Gaule dès l’Antiquité tardive.

Très minoritaire jusqu’alors, elle se répand ensuite avec la prise du pouvoir de la dynastie mérovingienne (486-751), franque, qui met à la mode de nouveaux usages venus du monde germanique. La présence de cette épée dans la tombe de son propriétaire ne suffit donc pas à affirmer qu’il était lui-même de souche franque ; pas plus quele reste de son impressionnante panoplie militaire, datée du milieu du VIe siècle : bouclier, hache de lancer (« francisque »), lance et javelot, arc et flèches. Cet armement ne permet pas non plus d’affirmer qu’il s’agissait d’un guerrier, la notion d’armée professionnelle ayant disparu avec l’empire au profit de la conception germanique d’un ost saisonnier où chaque homme libre laïc a sa place.

Longue de 90 cm environ, l’arme est dans la tradition de l’épée longue (spatha) qui équipait d’abord les cavaliers romains, puis toute l’armée après l’abandon du glaive court (gladius) au IVe siècle. Sa lame est damassée : forgée avec des barres de fer doux et carburé martelées ensemble. Cependant, sa garde, sa fusée et son pommeau étaient en matière périssable (bois ?). Rappelons qu’à l’époque mérovingienne, l’épée était devenue une arme coûteuse, dont les lois estiment le prix entre sept et vingt vaches. Or, celle-ci était un modèle haut de gamme puisque le bois du pommeau et de la garde était orné de minces plaques d’argent. On peut en déduire qu’il s’agissait d’un objet de luxe, dont le propriétaire était un personnage de haut rang. Faute de connaître son nom et sa fonction exacte, les archéologues l’ont surnommé le « chef de Chaouilley ».

 

Pour en savoir plus consultez la Présentation dans le cadre de L'objet du mois

 

Retrouvez l'objet dans la revue Archéologia, n° 547 - octobre 2016