Le dépôt de Vaudrevanges

Le dépôt de Vaudrevanges

Le dépôt de Vaudrevanges

Origine et date: 
Vaudrevanges (Sarre)
VIIIe siècle avant J.-C.
Artiste(s): 

Le dépôt de bronze de Vaudrevanges a été découvert au milieu du XIXe siècle, tout près de la frontière franco-allemande, dans la Sarre. Cette région, particulièrement riche en minerai de cuivre (l’un des deux composants du bronze avec l’étain) a joué un rôle de premier plan durant l’Âge du Bronze et de nombreux dépôts y ont été découverts.

Composée de 65 objets, celui de Vaudrevanges a été enfoui à 60 cm de profondeur, sur une petite colline entourée de marais. Tous les éléments de ce dépôt doivent d’ailleurs leur admirable patine bleu turquoise à un séjour prolongé dans l’eau. Au fond d’une fosse étaient empilés, dans un ordre précis, des bijoux, (26 lourds bracelets, quelques gros boutons et des pendentifs), des outils (quatre haches et un moule bivalve de hache), des éléments de harnachement (quatre montants et deux canons de mors) ainsi que de probables pièces de char.

Un tintinnabulum couronnait l’ensemble. Il supportait lui-même deux grandes phalères (disques de métal). Enfin, une épée avait été déposée sur le tout, avant le rebouchage final. Celle-ci fut brisée par un paysan occupé à arracher ses pommes de terre, ce qui permit la mise au jour de la cachette en 1850. Sa position, en haut du dépôt, pourrait être hautement symbolique et suggérer le pouvoir exercé par l’aristocratie militaire sur la société de l’époque et son contrôle sur la circulation du métal devenu crucial dans tous les domaines d’activité (artisanat, transport, guerre…). Comme celui de Marmesse, le dépôt de Vaudrevanges illustre bien la surenchère dont firent preuve les puissants guerriers de la période troublée que fut le passage de l’Âge du Bronze à l’Âge du Fer.


En bas se trouve l’une des quatre haches découvertes dans le dépôt de Vaudrevanges. Dans la partie opposée au tranchant, elle est dotée de deux languettes que l’on retrouve identiques sur l’autre face. Ces « ailerons », qui partent des côtés de l’outil et se rabattent en arcs de cercle, servaient à bloquer le manche en bois de la hache, aujourd’hui disparu. Un anneau latéral de fixation permettait le passage de liens destinés à fixer l’ensemble.

En haut figure un moule de hache en bronze. Il est composé de deux valves. Au moment de la coulée du bronze en fusion, celles-ci étaient maintenues solidement l’une contre. L’étanchéité était assurée par un procédé original : une ligne en saillie, sur les bords d’une des valves, venait s’insérer dans un creux correspondant sur l’autre valve. Ce moule montre que les ailerons étaient fondus verticalement ; un traitement postérieur les recourbait de telle sorte que leurs sommets tendent à être jointifs pour bien enserrer le manche.


A partir de l’Âge du Bronze, le caractère domestique du cheval ne fait plus aucun doute. Au Bronze final (vers 1300), il est utilisé comme animal de trait, pour tirer les araires (ancêtres des charrues) ou pour traîner des chariots ou des chars processionnels.

En témoignent ces éléments de harnachement qui pourraient correspondre à des montants de mors. Placés à l’encoignure de la bouche du cheval, côté concave vers la tête de l’animal, ils étaient assemblés aux mors par l’intermédiaire de leur fente médiane. À leurs extrémités, se trouvent des anneaux par lesquels passaient les brides permettant de conduire et diriger le cheval. Fentes et passants sont consolidés, de part et d’autre, par des bourrelets métalliques.

À l’Âge du Bronze, le cheval devient symbole de l’aristocratie guerrière et l’acteur privilégié de certaines cérémonies, d’où la présence symbolique de ces éléments dans le dépôt de Vaudrevanges. Notons que sur toutes les représentations connues datant de l’Âge du Bronze, le cheval n’est jamais monté. L’ère des cavaliers ne s’amorcera qu’avec les débuts de l’Âge du Fer.


Cet objet original peut être classé dans la catégorie des instruments de musique. Il est composé d’un grand disque en tôle, muni d’une barre de suspension à laquelle sont suspendus deux petits disques similaires, mobiles, qui viennent s’entrechoquer lorsqu’on les bouge. Suspendu au cou d’un cheval ou au timon d’un bige (char à deux roues), l’ensemble tintait et cliquetait dès que l’animal se mettait en mouvement, d’où son nom. Un autre tintinnabulum a été découvert à Vaudrevanges en 1872. Une vingtaine d’objets de ce type est connue, provenant de France, d’Allemagne et de Suisse.