Henri Hubert

Henri Hubert

Henri Hubert

Les grandes figures du musée
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Origine et date: 
1872 - Paris / 1927 - Chatou (Yvelines)
Archéologue, orientaliste et préhistorien français.
Artiste(s): 

Une formation riche

 

Reçu en 1892 au concours de l'Ecole normale supérieure, Henri Hubert s'initie aux langues sémitiques. A l'Ecole pratique des Hautes Etudes, il améliore sa connaissance de l'histoire des religions. Son intérêt pour la nature des phénomènes religieux le rapproche de Marcel Mauss ("le père de l'ethnographie française") qui fréquente les mêmes cours de langues orientales, l'introduit dans le milieu des sociologues et l'incite à collaborer à la revue l'Année sociologique

Sa curiosité d'esprit, sa formation et la fréquentation de personnalités scientifiques de renom lui permettent de gagner une solide compétence en géographie et en histoire de religions et des civilisations assyro-babylonienne, hébraïque, gréco-romaine, celtique et germanique. 

 

Henri Hubert au Musée des Antiquités nationales

 

Entré en 1898 au Musée des Antiquités nationales comme attaché libre puis promu conservateur-adjoint, Hubert réorganise de nombreuses salles : celles de l'Age du bronze, de l'époque de Hallstatt (Age du fer), des métiers et de la poterie gallo-romaine, des collections Piette, Moreau, d'Acy, de Baye et de Morgan. 

La création d'une salle d'archéologie comparée des 5 continents

En 1910, le directeur du musée, Salomon Reinach, lui confie la réalisation d'une nouvelle présentation de la salle de Mars (salle de l'archéologie comparée des 5 continents et ancienne salle de bal du château) qui, depuis l'ouverture du musée en 1867, servait de "magasin général et de lieu d'exposition pour les monuments trouvés hors de Gaule, présentant de l'intérêt à titre d'éléments de comparaison". 

Aidé par Marcel Mauss, il va concevoir cette salle d'archéologie comparée pour illustrer "l'histoire ethnographique de l'Europe et de l'humanité" depuis les origines jusqu'au tout début du Moyen-Age. 

Hubert, une aprroche sociologique de l'archéologie

En "sociologue", Hubert pense que seule une vision globale des cultures humaines dans toute leur étendue temporelle et spatiale amène à une juste compréhension du phénomène sociologique. Il s'efforce ensuite de présenter les traces des sociétés humaines, non seulement selon leur succession chronologique, mais aussi selon leur niveau technique. Ainsi, il crée deux axes de présentation qui se recoupent : 

- l'axe longitudinal de la salle montre les étapes techniques selon leur ordre d'apparition (du Paléolithique au haut Moyen Âge : taille de la pierre, fabrication de la céramique, maîtrise de la métallurgie, fabrication d'objets en matériaux organiques...) 

- les axes transversaux permettent d'établir des comparaisons entre continents ou zones géographiques plus ou moins éloignés : permanence ou variabilité des milieux et solutions techniques pour la production de céramique au Proche-Orient, en Égypte, en Europe ou en Amérique, utilisation de l'obsidienne en Mésopotamie et dans le Caucase... 

Un réseau de spécialistes

Hubert se constitue un réseau de spécialistes et d'hommes de terrain qui enrichissent régulièrement les collections du département. Il réussit à faire transférer au musée la collection océanienne du musée ethnographique du Trocadéro et de l'ancien musée de Marine du Louvre (1909-1910). Il noue des relations avec de grands musées d'archéologie étrangers qui font parvenir des copies d'objets majeurs de leurs collections pour permettre d'établir certaines comparaisons. Henri Hubert meurt d'une crise cardiaque en 1927 avant d'avoir achevé ses projets de réorganisation. 

 

Pour aller plus loin :

Bibliographie :

  • GRAN-AYMERICH E., Naissance de l’archéologie moderne 1798-1945, Paris, CNRS Editions, 1998.
  • GRAN-AYMERICH E., Dictionnaire biographique d’archéologie 1798-1945, Paris, CNRS Editions, 2001.
  • « Séance du 23 juin 1927 », In : Bulletin de la Société préhistorique de France, Volume 24, n°6, pp. 161-170, 1927.