L’ours rouge

L’ours rouge


Images d’ours sur la céramique sigillée en Gaule romaine

 

L’ours brun (ursus arctos), lointain descendant de l’ours des cavernes de la Préhistoire, devait être rare en Gaule romaine et il ne fréquentait sans doute que quelques zones montagneuses et boisées des Alpes et des Ardennes.

 

 

En effet, bien avant l’époque romaine, ses très vastes territoires de chasse (500 à 2500 ha) avaient presque disparu. La chair de l’ours, plantigrade carnivore à cinq doigts à l’avant et à l’arrière, à la queue réduite, pouvant atteindre 300 ou 400 kg, pour une taille de 2,50 à 2,80 m, n’était mangée qu’en cas de nécessité absolue. De ce fait, ses restes ostéologiques ne sont qu’exceptionnellement identifiés dans les dépotoirs de faune consommée. Les ours sont donc essentiellement connus par l’iconographie et les sources antiques, qui ne les mentionnent pas en Gaule.

Les habitants de la Gaule romaine pouvaient cependant admirer la force, la résistance et la férocité des ours dans les jeux de l’amphithéâtre, sur des peintures ou des mosaïques et sur leur vaisselle en céramique sigillée, où il apparaît parfois, représenté de façon plus ou moins naturaliste.

 

 

 

 



Sur la céramique sigillée ornée, vaisselle de semi luxe fabriquée et très largement diffusée en Gaule (et ailleurs), les animaux représentent près de la moitié des motifs. Parmi les quelque deux mille images de ce bestiaire répertoriées, les espèces sauvages sont majoritaires (env. 70 %), mais les potiers privilégient des animaux exotiques comme les lions et les panthères ainsi que des animaux endémiques comme les cervidés et les lièvres, plutôt que l’ours, rarement figuré. Le plus souvent, sur les vases produits par les officines de la Graufesenque (Aveyron), à partir du milieu du Ier siècle, mais surtout par celles de Lezoux (Puy-de-Dôme), au IIe siècle, et celles de l’Est, jusqu’à 250 environ, l’ours, animal féroce, est associé à d’autres animaux exotiques, sauvages ou domestiques, et montré dans des scènes sanglantes où les animaux s’affrontent entre eux, ou aux êtres humains.


Les éléments végétaux qui ponctuent souvent ces grandes scènes peuvent faire penser qu’il s’agit de scènes de chasse dans une campagne de la Gaule romaine peuplée d’ours, et qu’elles montrent un loisir aristocratique en réalité peu attesté en Gaule. Mais lorsqu’un lion est opposé à un sanglier, ou qu’un lion côtoie un ours, cela n’est pas possible. Il s’agit d’un spectacle de l’amphithéâtre, une venatio. Les textes antiques nous apprennent du reste que pour certains de ces grands spectacles, afin de donner au spectateur l’illusion qu’il assistait à une véritable chasse, des rochers, des arbres et d’autres éléments naturels étaient installés dans l’arène.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les chasses (venationes), données le matin, font partie du programme des jeux de l’amphithéâtre, à Rome, depuis le IIe siècle avant J.-C.

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Les vases en céramique sigillée ne montrent pas les ours acteurs de scènes plus ludiques de l’amphithéâtre

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