Le guerrier gaulois de La Gorge-Meillet retrouve son visage

Guerriers cavaliers

 

 


 

 

La reconstruction faciale du premier sujet rend vie au jeune aristocrate guerrier, auquel a été attribué le nom de Catumaros – le grand combattant. L’étude de ses ossements révèle qu’il est mort entre 20 et 24 ans et qu’il était de stature athlétique.

Les stigmates d’activité musculaire étaient particulièrement développés au niveau des bras ; tandis que les articulations de ses cuisses indiquaient la pratique régulière de l’équitation. Durant son enfance ou adolescence, Catumaros avait souffert de malnutrition. Les analyses isotopiques montrent néanmoins qu’il avait bénéficié par la suite d’une alimentation riche en protéines végétales et animales, tout comme les autres individus enterrés auprès de lui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Uellocatus – celui qui combat – a été enterré directement au-dessus de lui, accompagné de son épée. Mort entre 20 et 25 ans, Uellocatus était aussi de corpulence athlétique et avait pratiqué intensément l’équitation au cours de sa vie. D’autres caractères rapprochent les deux individus : leur dentition a été modifiée de la même manière, suggérant une activité régulière pratiquée avec les dents, qui paraissent avoir servi à saisir ou à maintenir quelque chose (les rênes de leurs chevaux ?) ; leurs mains étant occupées à un autre travail. Catumaros et Uellocatus partagent surtout des signes épigénétiques communs : leurs premières molaires supérieures comptent cinq nodosités au lieu des quatre habituelles ; tandis que leurs incisives supérieures sont d’une forme particulière. On peut penser que les deux sujets, morts vers le même âge, ont pratiqué des types d’activité très semblables et qu’ils appartenaient peut-être à la même famille.

 

 

 

 

 

 

Un groupe humain encore énigmatique

 

 

 

 

Entré le dernier dans le monument funéraire, Ateignos – l’accompagnant – n’était pas un guerrier, contrairement aux deux autres. Il est mort plus âgé, entre 25 et 40 ans, et ne présentait aucun des stigmates d’activité physique intense qu’avaient développé Catumaros et Uellocatus. C’était sans doute un individu appartenant également à la strate dominante des communautés gauloises de Champagne, mais probablement pas un guerrier cavalier, de cette classe que César assimilera, au moment de la conquête de la Gaule, à l’ordre des chevaliers romains.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La reconstruction faciale 3D des sujets de la tombe à char gauloise de la Gorge-Meillet