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Quand l’archéologie construit ses archives

Colloque

Quand l’archéologie construit ses archives

Quand l’archéologie construit ses archives

Publié le 03 Juillet 2017
9 et 10 novembre 2017

A l’occasion du cent cinquantième anniversaire de l’ouverture du Musée d’Archéologie nationale

Colloque, à l’occasion du cent cinquantième anniversaire de l’ouverture du Musée d’Archéologie nationale

 

Archives et archéologie entretiennent des rapports étroits, et pour ainsi dire séminaux. À partir du moment où la fouille du sol est devenue le point d’ancrage de l’administration de la preuve archéologique, la question de l’enregistrement des informations et objets recueillis dans leur contexte a pris une dimension à la fois symbolique et stratégique.


En s’arc-boutant sur les modèles parfois contradictoires mais complémentaires, de l’architecture et de la géologie, les archéologues ont précocement adopté, en guise de symbole opératoire, la phrase de Buffon, comparant les couches sédimentées aux « archives de la terre ». Avec la seconde moitié du XIXe siècle, cette métaphore savante se transforme progressivement en un véritable protocole de travail : l’enregistrement systématique des données contextuelles à une activité de fouille est assimilé à un dépouillement des « archives du sol » (Leroi-Gourhan). Du plan au carnet de notes, du relevé aux estampages, de la photo au prélèvement sédimentaire, la recherche archéologique a donc généré une constellation de supports documentaires connectés aux objets et collections, eux-mêmes assimilés à des documents.


L’archéologie moderne et contemporaine s’est donc construite en parallèle de l’accumulation d’une documentation dont la « mise en archives », c’est-à-dire la transmission pérenne et partagée par l’accessibilité des documents, est au cœur de la réflexion proposée au cours de deux journées du mois de novembre (dates à venir), au Musée d’Archéologie nationale et aux Archives nationales, dans le cadre du Labex « Passés dans le Présent » (ANR-11-LABX-026-01).


Cette rencontre scientifique se propose d’aborder cette mutuelle genèse de l’archéologie et de ses archives à travers deux approches. La première journée sera consacrée à l’histoire des archives du Musée d’Archéologie nationale, depuis sa préfiguration à travers la Commission de Topographie des Gaules créée en 1858, dont la transmission des archives est aussi complexe que dispersée, mais aussi à travers les fonds privés associés aux collections acquises (abbé Philippe, legs Suzanne Cassou de Saint-Mathurin, fonds Rayet, etc.). Moulages, collections d’archéologie comparée et collections Piette viendront illustrer l’ampleur des « archives archéologiques » vantées par Gabriel de Mortillet.


La seconde journée s’intéressera plus particulièrement à la manière dont la fouille (programmée, préventive, en France comme à l’étranger) produit et transmet des fonds d’archives, mais encore la manière dont ces derniers peuvent être remobilisés par la recherche actuelle, dans le cadre de « reprises » d’opérations sur des sites majeurs (chantier INRAP- Laboratoire Traces du Mas d’Azil par exemple).

 

Organisation

- Corinne Jouys-Barbelin, Chef du service des Ressources documentaires du MAN
Contact : corinne.jouys-barbelin@culture.gouv.fr

- Rosine Lheureux, chargée de mission aux Archives nationales