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L’origine des grenats mérovingiens

Colloque international

L’origine des grenats mérovingiens

L’origine des grenats mérovingiens

Publié le 23 Mai 2017
Jeudi 22 juin (au MAN) et vendredi 23 juin (au C2RMF)

Échanges entre le subcontinent Indien et l’Europe du Vème au VIIème siècle

 

Colloque à l'occasion de l'exposition "Austrasie. Le royaume mérovingien oublié"

 

Au Musée d’Archéologie nationale (MAN)
et au Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF), Palais du Louvre, 75001 Paris

 

Ce colloque permettra de valoriser les programmes de recherche sur la circulation des grenats, gemmes emblématiques du style cloisonné qui, aux Vème et VIème siècles, ont caractérisé presque tout l’Occident, de la Mer Noire à l’Angleterre et de la Scandinavie à l’Afrique du Nord. La majorité de ces travaux a été menée grâce à l’accès transnational à l’accélérateur AGLAE du C2RMF, ouvert depuis plus de 10 ans aux scientifiques du patrimoine dans un cadre européen, à la suite du programme ‘Grenats’, initié en 1999 sur les collections du MAN. Ces recherches ont porté sur les grenats des prestigieuses collections archéologiques des musées de France (notamment au MAN et au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale de France) et d’Europe (Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Roumanie, Royaume-Uni, etc.) avec des résultats le plus souvent inédits.

 

1er  jour au MAN
Présentation des résultats des analyses de grenats effectuées dans le cadre des programmes Eu-ARTECH, CHARISMA et IPERION et d’autres programmes en Europe (International Framework / Weltweites Zellwerk). Si l’analyse de ces gemmes a révélé que les mêmes sources - en majorité en
Inde et à Ceylan (Sri Lanka) - ont été exploitées partout en Europe au Vème et VIème siècles, ce sont les gisements européens qui ont été exploités ultérieurement, mettant en lumière un bouleversement du commerce indo-européen vers 600. En soirée, les participants seront invités à l’inauguration de l’exposition ‘Austrasie, le royaume mérovingien oublié’.

 

2ème jour au C2RMF
La place du commerce des grenats dans les échanges entre l’Inde et l’Europe du haut Moyen Âge sera discutée, en particulier avec nos invités historiens et archéologues indiens. Les routes terrestres et maritimes seront évoquées (Route de la Soie, Berenice, etc.). De même, les grenats bruts et les perles taillées mis au jour dans les fouilles des emporia des côtes indiennes (Arikamedu) et des ateliers de pourtour méditerranéen (Alexandrie) seront considérés. Enfin, une extension aux grenats de l’Antiquité tardive, présents notamment sur des colliers, bagues et intailles, permettra de relier la trame des échanges aux époques antérieures. Une table ronde permettra d’élaborer une synthèse des recherches, de tracer des perspectives et de planifier la publication.

 

Contexte
 
L’existence d’un grand commerce, principalement maritime mais aussi terrestre, entre le monde indien et la Méditerranée à l’époque gréco-romaine est bien attestée par les textes mais aussi par l’archéologie, davantage en ce qui concerne cette dernière pour l’Inde que pour l’Occident. En revanche, les sources écrites avérant la survivance de ces échanges durant le haut Moyen Âge sont des plus maigres, du moins du côté occidental, à l’exception de la Topographie chrétienne de Cosmas Indicopleustès (VIème s.) qui témoigne que des textiles précieux, des épices, des gemmes parvenaient alors toujours en Occident, alors que les sources écrites indiennes et perses, puis arabes, l’attestent davantage. Mais, hormis quelques restes de tissus, conservés dans les trésors d’églises ou issus de fouilles exceptionnelles, comme celles des sépultures mérovingiennes de la basilique de Saint-Denis près de Paris, les témoins matériels de ces échanges demeurent très rares.

Tel ne semble plus le cas aujourd’hui, grâce aux fouilles récentes menées en Europe de l’Ouest et à des travaux de laboratoires pionniers. C’est ainsi qu’il est maintenant possible d’établir qu’au début de l’époque mérovingienne des grenats provenant d’Inde et de Ceylan ont été massivement employés dans l’orfèvrerie cloisonnée, témoignant de la survivance, au moins jusqu’à la fin du VIe siècle, d’échanges suivis entre le subcontinent indien et le monde méditerranéen.

 

Institutions Organisatrices

. Ministère de la Culture et de la Communication

. Centre de recherche et des Restauration des Musées de France (I. Pallot-Frossard, directrice)

. Musée d’archéologie Nationale - Domaine national de Saint-Germain-en-Laye (H. Multon, directeur) et le soutien du Département des Affaires Européennes et Internationales (DAEI) de la Direction Générale des Patrimoines et du Département de la Recherche, de l’Enseignement Supérieur et de la Technologie (DREST).

 

Organisation sur place

Thomas Calligaro et Patrick Perin, co-organisateurs (C2RMF)
Catherine Louboutin, adjoint au directeur, responsable de la politique scientifique (MAN)

Contact: Thomas Calligaro

 

Téléchargez la plaquette de présentation (pdf) et le programme (pdf)

 

THE ORIGIN OF EARLY MIDDLE AGES GARNETS